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La France développe une relation très privilégiée avec le Maroc

Par fpargny - www.lemoci.com

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C’est au cours de sa visite officielle au Maroc (22-24 octobre) que Nicolas Sarkozy a posé la première pierre de l’Union de la Méditerranée. Mais pourquoi le Maroc et pourquoi Tanger, plutôt que Le Caire ou Tunis, pour annoncer ce projet qui doit réunir Etats riverains du nord et du sud de cette mer ?

Pour le moins, c’était courir le risque de mécontenter Alger, alors que Nicolas Sarkozy doit rencontrer, le 5 décembre, dans la capitale algérienne, son homologue Abdelaziz Bouteflika. Il aurait pu opter pour Tunis… mais la Tunisie, malgré sa réussite économique et ses avancées sociales dans un monde arabe encore très traditionnel, est en butte à maintes critiques en matière de droits de l’homme et de libertés politiques.

Puisque la
Tunisie n’est pas si fréquentable, Alger la blanche aurait pu être un excellent choix pour redonner des chances à un traité d’amitié que Jacques Chirac en son temps avait espéré signer avec le président Bouteflika. L’Elysée a, sans doute, estimé que les relations politiques étaient trop compliquées et que la bonne économie entre les deux pays suffisait au bonheur de l’Etat et des entreprises françaises. En Afrique du Nord, Paris aurait pu encore délocaliser son annonce au Caire. Les relations bilatérales sont bonnes et anciennes. Mais, outre l’anglophonie du pays des pharaons, c’est surtout la fragilité de ce pays et sans doute plus encore la conjoncture politique peu favorable – le président Hosni Moubarak étant accusé de préparer sa succession au profit de son fils Gamal – qui ont exclu automatiquement l’Egypte.

Et que dire de la Libye du colonel Khadafi ? L’homme demeure imprévisible. Après l’heureux
dénouement de l’affaire du personnel bulgare (accusé d’avoir inoculé le sida à des enfants de l’hôpital de Benghazi), le Guide Suprême va effectuer une visite historique en France, après le Sommet Afrique-Union européenne, les 8 et 9 décembre à Lisbonne. A cette occasion, Nicolas Sarkozy aura certainement à coeur de le persuader de participer au 1er Sommet des chefs d’Etat de l’Union de la Méditerranée, prévu en juin prochain, sans doute à Marseille.

Le Maroc, ce n’est pas seulement par défaut. Avec le Royaume chérifien, on se comprend tellement mieux. A la différence de l’Algérie, il n’y a pas de contentieux, de blessure profonde liés à la décolonisation. Paris semble, d’ailleurs, partager le projet chérifien d’une autonomie accordée au Sahara occidental, alors qu’Alger a toujours défendu la solution d’une indépendance au profit du mouvement Front Polisario. De Michel Jobert, qui fut le ministre des Affaires étrangères de Georges Pompidou, à Jacques Chirac, les relations avec le roi Mohammed VI ont toujours été teintées d’affection. Alors que feu Hassan II pendant son règne a toujours boudé « la province rebelle » de Tanger-Tétouan, son fils veut en faire la porte d’entrée vers l’Europe. Certes, il y a le commerce de la drogue, l’immigration, mais le Maroc tous les ans accueille aussi à Tanger ses enfants de l’étranger.

Or,
les Intégrales de l’investissement, organisées cette année les 13 et 14
décembre à Skhirat (entre Rabat et Casablanca), sont consacrées aux Résident marocains à l’étranger (RME) et à leur poids dans l’économie nationale. A quelques kilomètres du grand projet portuaire de TangerMed, auquel participe des entreprises françaises (Bouygues…), Nicolas Sarkozy a identifié Tanger, plutôt que Rabat, la capitale politique, ou Casablanca, la grande métropole économique. Ou peut-être a-t-il simplement voulu répondre au souhait du roi ? Le président a-t-il encore désiré mettre en lumière une région où le voisin espagnol et les investisseurs du Golfe accroissent considérablement leur présence ? Rien n’interdit de le penser. Le Maroc bénéficie d’une forte médiatisation dans l’Hexagone, tant politique qu’économique.

Les relations économiques sont également très faciles. La France étant le premier partenaire du Maroc, elles ont même pris un nouvel envol depuis que le gouvernement de Rabat a établi des plans stratégiques très clairs, dans l’industrie (Emergence) ou le tourisme (Azur). Un groupement d’impulsion économique franco-marocain (GIEFM) a même été constitué pour « chalenger ces plans », selon l’expression d’un de ses présidents, le Français Jean-René Fourtou, président du Conseil de surveillance de Vivendi, actionnaire de référence de Maroc Telecom.

Des groupes sectoriels formés au sein du
GIEFM, sont sortis des propositions dans le tourisme, l’offshoring (centres d’appel…) ou l’aéronautique. Les entreprises de l’Hexagone alimentent ainsi très largement un grand pôle aéronautique émergent. La visite officielle de Nicolas Sarkozy a encore débouché sur une rafale de projets (lire Le MOCI n° 1804 du 1er novembre page 8). Et comme le Maroc se projette dans la modernité, un TGV est prévu entre Tanger et Casablanca.

Aujourd’hui, un groupe comme Safran envisage d’assurer la maintenance d’avions libyens à partir de sa plateforme marocaine. Les entreprises françaises ne joueraient ainsi pas seulement leur carte sur le marché domestique. En l’absence d’un marché commun en Afrique du Nord, elles peuvent aussi viser la région à partir du Maroc.

Pour les Intégrales de l’investissement : http://www.lesintegrales.com/

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