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Histoire

Illustration et défense de l’écriture tifinagh.

Par Lahcen pour Amazighweb.com

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Jusqu’à nos jours, l’artisanat amazighe contemporain a conservé miraculeusement tout un répertoire de symboles riche et abondant, notamment dans les domaines du tapis et de la poterie.
Ce corpus constitué de signes géométriques, caractérisés par une permanence exceptionnelle, trouve ses racines dans des temps immémoriaux, bien avant la période antique et se trouve conservé intact dans les motifs décoratifs de l’artisanat nord africain, nous transmettant un message ancestral spirituel et culturel, les fondements de notre civilisation intrinsèquement rurale et méditerranéenne.

Ce répertoire de signes multimillénaire, répété à l’identique par les femmes amazighes dans leur vie quotidienne, transmis fidèlement de génération en génération pour le décor des tatouages, des tapisseries et surtout pour l’ornementation des poteries véhicule encore les bases de la pensée amazighe, ainsi que les racines de l’écriture tifinagh, dont il est question dans cet exposé.

En effet, l’ornementation artisanale, le symbolisme magico- religieux et l’écriture amazighe sont trois expressions de la civilisation Nord africaine, qui se trouvent dès l’origine mêlées, issues d’une même source mère, la culture capsienne, qui s’est maintenue au-delà du Néolithique et s’est plus ou moins enrichie par les apports d’autres civilisations méditerranéennes, (ibérique, grecque, crétoise, égyptienne, punique, latine...), sans jamais s’éteindre ni connaître de mutation majeure.

C’est une civilisation originale, issue de la terre qui l’a vue naître, dont il reste encore à étudier les conditions d’éclosion et son épanouissement particulier, ainsi que les causes de sa conservation remarquable, malgré la proximité et la grandeur des autres cultures et civilisations méditerranéennes : il est étonnant en effet que la culture amazighe ait pu garder, sur une si longue période historique, et malgré le voisinage des autres civilisations considérées plus brillantes, conquérantes, son identité propre et inaltérable, à l’image de l’esprit de l’Amazighe qui l’a conçue ! Conservateur, certes, mais nullement renfermé et encore moins inapte au progrès, puisque bien qu’ayant largement participé au rayonnement des autres cultures voisines (punique, romaine, arabe), le Nord africain a su se préserver identique à lui-même, participant à l’Histoire du Bassin méditerranéen de son propre gré ou malgré lui, mais évoluant en même temps « en marge de l’Histoire », comme l’a si bien dit Camps.

On ne peut que s’étonner de cette longévité et de cette fidélité aux racines, si l’on considère la disparition des autres civilisations qui avaient dominé avec tant d’éclat : la civilisation égyptienne a disparu malgré sa grandeur, l’Empire romain et à sa suite la civilisation byzantine ont cessé de briller après avoir régné sur l’Ancien monde, et il y a bien des lustres que l’âge d’or arabe s’est éteint... Quant aux Phéniciens et aux Vandales, leur colonisation n’avait duré qu’un « laps de temps », malgré leur puissance ils n’avaient jamais réussi à assimiler l’esprit amazighe, ni sa langue, ni sa culture ! Comme un roc dressé au milieu des flots de l’Histoire, l’âme amazighe est restée fondamentalement la même, jamais entamée par les vagues successives qui se sont abattues sur elle et qui se sont éloignées, puis disparu sur les rives du temps !

Ainsi, toutes les composantes de la culture amazighe ont été maintenues jusqu’à nous presque à l’identique : une vision du monde originale, toujours modérée, austère et conservatrice, farouchement libre et rebelle à toute domination étrangère, une langue si diverse par ses parlers, ses accents, si riche en vocabulaire, de structure grammaticale unie. La même force tranquille qui caractérise l’Homme amazighe se retrouve dans la constance de ses diverses expressions culturelles et artisanales, peu soucieuses des modes, d’exubérance ou d’extrémismes.

L’écriture tifinagh est à l’exemple de cette permanence et son renouveau, certes marqué par un enthousiasme débordant depuis les années soixante et qui ne se dément toujours pas dénote de son importance aux yeux de ses héritiers, comme le symbole de la renaissance de leur culture. C’est pour cette raison d’ailleurs que le drapeau amazighe porte en son milieu, en caractère de feu, la lettre « yezz », le fameux Aza, devenu l’icône par excellence de toute l’Amazighie.

C’est grâce à la constance des revendications d’ordre culturel des associations amazighes, auxquelles il faut rendre hommage, ainsi qu’aux efforts fournis par les chercheurs et linguistes amazighistes, qu’ils soient Européens ou Nord africains, que l’IRCAM a abouti à faire ressurgir cette graphie des limbes archéologiques, la faire adopter par le système éducatif marocain, ainsi que par les instances informatiques internationales, qui l’ont acceptée dans les protocoles des échanges des informations sur Internet.

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