onglet_artsouk onglet_artsouk

 

4emRencFes.jpg

Histoire

Legs, 4e rencontre à Fès des pays arabes autour du projet de préservation du patrimoine

Par Samira EZZEL | LE MATIN

Réf : 1318

Visites : 2131

Le réveil de la mémoire arabe
Sauvegarder «la mémoire du monde arabe», telle est l'ambition affichée par les 22 pays réunis à Fès, pour la 4e édition de ce projet lancé en 2007.

A l'aune de la mondialisation et de la forte prégnance de la civilisation occidentale, les pays arabes sous l'impulsion de l'Egypte, ont pris conscience depuis 2 ans de l'importance de la préservation de leur patrimoine scientifique et culturel et ce faisant, des fondements de l'identité arabo-musulmane. D'où ce projet quinquennal, à l'initiative de la Fondation Al Andalous qui milite en faveur de la numérisation de tous les trésors artistiques et historiques millénaires que recèlent les pays arabes, dans le but de les léguer aux générations futures mais aussi de faire connaître l'apport de la civilisation arabe au monde.

A cette occasion Aziz Chafchaouni, président de la Fondation Al Andalus, a souligné l'importance des nouvelles technologies de l'information et de la communication (NTIC) qui permettent de capitaliser le patrimoine culturel des deux rives et qui constituent à ce titre une passerelle de l'héritage culturel et scientifique entre l'Orient et l'Occident, ajoutant à cet effet que la Fondation oeuvrait en grande partie à valoriser cet héritage historique et culturel à travers sa numérisation et à mettre en synergie ces legs ancestraux qui, sinon, seraient voués à disparaître. 

L'enjeu donc de ce séminaire arabe est de taille car
il contribue à préserver les acquis civilisationnels sous leurs différentes formes, architecturale, musicale, folklorique, photographique, naturelle et livresque, à l'instar des manuscrits, des textes islamiques et de la poésie, mais aussi de réduire le fossé numérique existant entre les pays de la région MENA et les pays développés.

«Il faut impérativement faire face aux défis du 3e millénaire et tirer parti de l'apport technologique pour faire connaître la contribution du monde arabe au progrès mondial», a indiqué, à cette occasion, Ahmed Guitae, secrétaire général du ministère de la Culture. Le principe du séminaire, qui s'est déroulé, sous la houlette du Centre égyptien de documentation du patrimoine culturel et naturel (CULTNAT) permet donc d'apprécier les efforts accomplis par les experts marocains en matière de numérisation du patrimoine culturel, dans le cadre de ce projet de mémoire mis en place depuis 2 ans, d'identifier et de résoudre les différentes difficultés  rencontrées, lors de la collecte par chaque pays participant, d'homogénéiser la compilation et le rendu des recherches en fonction de la feuille de route élaborée en amont et de constituer in fine la matrice d'une base de données documentaires devant donner naissance à un portail www.memoryarabworld.net où tous les pays arabes sont parties prenantes.

«On en est encore à la phase
expérimentale témoigne Ayman Khoury, responsable du fonds folklorique du CULTNAT.

On échange nos expériences et nos méthodes de collecte car tous les pays n'avancent pas à la même allure. De plus, pour nos pays, ce n'est pas évident de passer à une tradition orale qui n'est pas si lointaine à une tradition numérique.

Mais
l'enthousiasme et la volonté sont là, chevillés au coeur car nous savons tous qu'il est grand temps de sauvegarder notre mémoire et d'en donner une image digne de ce qu'a été notre civilisation». Abdulaziz Othman Altwaijri, directeur général de l'Organisation islamique pour l'éducation, les sciences et la culture (ISESCO), a fait savoir pour sa part que son organisation apportait son soutien entier aux pays membres pour développer ce projet exemplaire qui promeut la conservation du patrimoine et la mémoire culturelle et scientifique à travers les nouvelles technologies à l'heure où le monde arabe fait face à de nombreux défis qui menacent son histoire et sa culture et mettent en péril son identité.

Toutefois,
pour accompagner ce projet dont les enjeux sont vitaux, les fonds ne sont pas vraiment au rendez-vous. Ainsi les instances officielles qui auraient dû être parties prenantes de «la mémoire du monde arabe» à ses débuts, sont aux abonnés absents ou viennent à peine de rejoindre le projet en qualité de partenaire officiel, tel le ministère de la Culture. Ce qu'a déploré Aziz Chafchaouni qui rappelle que ces travaux constituent le socle d'un patrimoine universel et la matière première du rayonnement arabe dans le monde.

----------------------------------------------------

«Toute la Ligue arabe doit s'impliquer»
Interview • AZIZ CHEFCHAOUNI, Président de la Fondation Al-Andalus

Pourquoi cette soudaine conscience du monde arabe par rapport à sa mémoire ?

Dans un monde où la diffusion de l'information et de la culture est devenue complexe et emprunte pour une large part les voies des nouvelles technologies, il est apparu urgent pour les pays arabes de se mettre très vite au diapason sous peine de perdre cette fameuse mémoire.

Lors de la conférence de Doha en 2006, il a donc été décidé de façon collégiale de mettre en oeuvre ce vaste projet afin de sauvegarder les spécificités culturelles et de faire connaître ce capital historique à travers les nouvelles technologies. Cette rencontre de Fès intervient après celle de 2007 à Sharjah aux Emirats arabes unis, celle de Damas en 2008 et du Caire en janvier 2009.

La Fondation Al-Andalus joue un rôle de premier plan dans ce projet...

La Fondation, créée en 1999 se veut un point de jonction entre l'Orient et l'Occident. Elle oeuvre pour la valorisation du patrimoine civilisationnel commun et de sa numérisation. Elle fait office d'interface et d'incubateur dans ce projet de mémoire. Nous avons déjà, par le passé posé, les premiers jalons de cette mémoire car nous avons à notre actif, une série de CD-Roms interactifs sur la base des fonds manuscrits de la bibliothèque Al-Qarawiyyin de Fès, ceux la bibliothèque Jami'alkabir de Meknès et de la bibliothèque Jami'Ibn Yusuf de Marrakech.

Nous avons acquis une expertise certaine qui
repose sur le principe des benchmarks et que nous mettons au service de ce projet. A ce titre nous allons également collaborer à la mise en place de la future grande bibliothèque de Fès et de l'université euro-méditerranéenne.

Au terme de cette réunion à Fès, peut-on dresser un premier bilan ?

Ce projet s'améliore et s'enrichit au fil des mois. Soulignons au passage qu'il est encadré par le Centre de documentation égyptien, le CULTNAT qui a une expertise certaine en matière d'archivage et qui facilite grandement le travail de tous les autres pays dans le domaine de la collecte et du traitement de l'information.

Au terme de cette rencontre, nous avons dressé un almanach des différents secteurs de recherche en particulier dans ceux du patrimoine musical et de la photographie. Nous avons également développé le réseau des partenaires. A cet égard, les délégués des ministres de la Culture nous ont assuré de leur plein engagement, en particulier le représentant officiel du Maroc. C'est crucial pour la viabilité de ce projet car les organes officiels étaient absents jusqu'à présent.

Le budget notamment était en grande partie financée par la Fondation Al-Andalus, le CCME (Conseil consultatif des marocains résidant à l'étranger) et la Bibliothèque nationale. Or, c'est toute la ligue arabe qui doit apporter sa contribution si l'on veut réussir le rayonnement universel de la mémoire arabe.

Par Samira EZZEL | LE MATIN
22 juillet 2009

ksour_dades.jpg
 

ArtSouk, Promotion du Patrimoine, de la Culture et de l'Artisanat Marocain
Siret : 451 157 200 - CNIL 881676 Copyright ArtSouk 2011
Mentions légales Contactez-nous Paiements sécurisés