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Histoire

Une période trouble: les années 1957-1958

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Comme dans la majorité des pays nouvellement indépendants, les problèmes du partage du pouvoir se sont posés au Maroc des années 1957-1958. Le Parti de l’Istiqlal, qui avait acquis un grand prestige et une réelle légitimité politique pendant la période de lutte pour l’indépendance du pays, revendiquait, entre autres, un gouvernement homogène à coloration exclusivement istiqlalienne.

Tout en reconnaissant implicitement la position majoritaire de l’Istiqlal, le roi Mohamed-V ne devait pas lui céder les secteurs clés comme l’armée, la police et la politique intérieure.

Il a, par ailleurs, encouragé l’éclosion d’un véritable pluralisme dans le
champ politique marocain. Ainsi, à côté de ses concurrents traditionnels, la Parti démocratique de l’indépendance (P.D.I.) dirigé par Mohamed-Hassan Ouazzani et les libéraux indépendants menés par Ahmed Réda Guédira et Rachid Mouline, l’Istiqlal s’est heurtée, dès novembre 1957, à l’opposition d’un nouveau parti, le  Mouvement populaire (M.P.), animé par deux anciens résistants, Mahjoubi Aherdane et le Dr Abdelkrim al-Khatib. La lutte pour le pouvoir a donné lieu à de graves événements prenant alors la forme de rébellions armées notamment dans le sud (Tafilalet) et le nord (Rif) du pays.

En effet, Addi Ou Bihi, gouverneur de
Tafilalet et personnage haut en couleur, n’a pas hésité en janvier 1957 à prendre les armes contre le Parti de l’Istiqlal, ou plutôt contre ce qu’il appelait la “dictature fassie”. Il était soutenu par Lahcen Lyoussi, ancien ministre de l’Intérieur, et quelques officiers français. La rébellion a été rapidement matée par les forces armées royales, et le gouverneur dissident a par la suite déclaré, pendant son procès, qu’il s’était soulevé pour défendre la monarchie contre ses ennemis intérieurs.

Il a été condamné à mort, mais n’a pas été exécuté. Il mourra en
détention en 1961. Quant à son complice Lahcen Lyoussi, qui s’était réfugié en Espagne, il a été condamné à mort par contumace. Il n’a pu rentrer au Maroc qu’en 1967.

La lutte pour le contrôle de l’armée de libération avait fait de nombreuses
victimes dont notamment l’un de ses chefs les plus prestigieux, Abbas Msaâdi. Le 27 juin 1956, il a été enlevé à Fès, tué, puis enterré à Aïn Aicha dans la région de Taounate. Dans un geste de provocation adressé au Parti de l’Istiqlal, M.Aherdane et A.al-Khatib ont déterré la dépouille d’A.Msaâdi pour l’inhumer à Ajdir en présence de plusieurs milliers de montagnards.

L’événement s’est rapidement
transformé en une manifestation anti-istiqlalienne à laquelle le gouvernement a répondu par l’arrestation des deux dirigeants du Mouvement populaire. Aussi, beaucoup de leurs partisans ont-ils pris le maquis et déclenché une nouvelle rébellion contre le pouvoir central.

Il a fallu plusieurs semaines aux forces armées
royales dirigées par le prince Moulay-Hassan (Hassan-II), épaulé par Mohamed Oufkir et Mohamed Medbouh, pour mettre fin à cette insurrection.

Si l’armée royale est sortie renforcée des épreuves de 1957 et 1958, et a acquis la légitimité d’une institution indispensable pour le maintien de la stabilité et la défense de l’intégrité du pays, le Parti de l’Istiqlal s’est trouvé, en revanche, affaibli par ces événements. Nombreux parmi ses opposants n’ont pas hésité a lui faire porter la responsabilité politique de ces déchirements qui ont failli mettre en danger l’unité nationale.


Par ailleurs, les tensions au sein de l’Istiqlal se sont aggravées.

Elles conduiront son aile gauche, dirigée par Mehdi Ben-Barka, à se retirer pour créer, le 6 septembre 1959, un nouveau parti appelé l’Union nationale des forces populaires (U.N.F.P.).

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