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Littérature berbère suite

Partie II

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La littérature de langue arabe

L'arabe, importé par les conquérants musulmans, s'imposa lentement dans les villes romaines.
Mais il coexista, pendant quelques décennies, avec le latin, et sans doute le punique, encore parlé dans les anciennes régions de colonisation carthaginoise.

L'Arabe fut d'abord une langue liturgique, mais finit par s'imposer dans l'administration et devint la langue de la culture et des arts.

Les royaumes berbères, à l'exemple des orientaux, s'évertuèrent à entretenir toute une caste d'intellectuels et de lettrés, écrivains, poètes, juristes, théologiens, historiens, le plus souvent d'origine berbère, mais de culture et d'expression arabe. Des villes berbérophones du Moyen Âge, comme Tiaret (Tihert en berbère), Bejla (Bgayt), Achir, ben Izegem, au Mzab, furent des phares de la culture d'expression arabe. Des écrivains et des juristes, de ces villes, se répandirent dans tout le Maghreb et acquirent une certaine notoriété en Orient.

Si certains auteurs portaient des noms arabes, la plupart avaient gardé leur patronyme berbère. Comme les écrivains d'expression latine, les autres de langue arabe s'intéressèrent très peu au monde berbère. Les seuls textes qui abordent la réalité linguistique et sociale berbères semblent être les glossaires juridiques à l'usage des fonctionnaires des régions berbérophones du Maroc.
Un exemple caractéristique est fourni par le Majmu'al La'iq'alâ muckil al Watiiq ou " le recueil portant sur les difficultés des formulaires ", datant du 18e siècle. L'auteur, anonyme, fournit pour les notaires arabes des libellés pour les actes ainsi que les équivalents arabes des notions chleuhes, dont le sens pouvait leur échapper.

Quelques écrivains berbères d'expression arabe :
Al Wargalâni (de Ouargla ou plus exactement de l'oued Righ), le plus ancien des auteurs ibadhites du Maghreb, auteur d'un ouvrage biographique des Imams ibadhites, intitulé " siyr al a'ima' " ;
Ali ibn Muhammed al Mazûdi (de Mazouda, en berbère Inzuda, une région à l'ouest de Marrakech), juriste et mystique qui échangea au 13e siècle des lettres avec son maître ben Abd Rahman al Maghawi, al Fasi (de Fès) ;
Abû al Qâsem (Belqacem al M'cedali de M'chedalla, en grande Kabylie, mais né à Bejaia, en 1417), exégète, spécialiste du hadith et juriste ;
Ibrahim ben Mubammad ben Sulyman Açadqawi; ez-Zawawi al Bija'î, juriste et exégète (15e siècle) ;
Al Husayn ben Muhammed Said al Wartilâni, de At wartilan, en petite Kabylie, voyageur, juriste, mystique (1713-1779), auteur de mystique (1713-17798), auteur de la célèbre " ar-Rihla al wartibaniya ", récit d'un long voyage effectué en Arabie vers 1765.

La langue arabe a été et demeure le mode d'expression du ibadhisme, hérésie berbère, encore vivante au M'zab, à Djerba (Tunisie) et au Djebel Nefusa (Libye), régions totalement ou partiellement berbérophones.

Parmi les auteurs ibadhites modernes, citons Muhammad ben Issa Azbar (19e-20e siècle), réformateur mozabite, auteur d'un volumineux ouvrage de droit " Bayan achchar ", en 70 tomes, Muhammed ben Youssef ben Salah Atafiyâch, originaire de Ben Yezguen (18e-1914), auteur d'une exégèse du Coran en six volumes, d'un Taysir également dans les sciences coraniques, de nombreux ouvrages sur les Hadith, le droit musulman, l'histoire des tribus mozabites ; Omar ben Hamu ben Bahmed Bakli (1837-1925), juriste originaire d'El Attaf, etc.

Aujourd'hui, de nombreux auteurs algériens et marocains d'origine berbère et souvent berbérophones écrivent en arabe. La plupart sont des partisans de l'arabisme et de l'arabisation, mais certains, grâce à une prise de conscience de plus en plus forte de leur identité culturelle, prennent parti en faveur de la langue et de la culture berbère.

La littérature d'expression berbère
Les textes berbères importants, comme le Coran des Berghawata ou le livre d'Ibn Tumert ont disparu. Les seules traces que nous en ayons sont les phrases citées par les écrivains et les voyageurs arabes du Moyen Âge.

On dispose de quelques textes religieux berbères, transcrits en caractères arabes, avec signes diacritiques supplémentaires pour les phonèmes berbères. Mais ces textes sont souvent des adaptations d'œuvres arabes connues, comme " le Mukhtar " de khlil, un ouvrage abrégé de vulgarisation de droit malékite.

Le célèbre poème d'al Busri, " al burda " (littéralement " le manteau du Prophète ") existe depuis longtemps en berbère. On le récite à de nombreuses occasions, notamment les veillées funèbres. Des nombreux textes ibadhites rédigés en berbère, il reste peu de choses, quelques textes épars et un traité d'Ibn Ghnim, intitulé " al Mudawwana ", texte en vers, comportant un nombre élevé d'emprunts arabes.

La littérature orale, abondante en tout temps, comprend principalement des contes, des poèmes et des proverbes. Au Maroc, la tradition des poètes ambulants -imdyazen- est toujours vivace : ceux-ci parcourent les pays berbérophones, récitant des compositions dans une sorte de langue moyenne, accessible aux locuteurs de dialectes différents. Depuis la fin du 19e siècle, un grand nombre de textes sont transcrit en graphie latine et traduits en langues européennes.

En voici quelques titres :
Poème de Sabi qui raconte la descente d'un jeune homme au royaume des morts ; légende en vers de Joseph ; description du Djebel Nefusa de Shammakhi, édité et traduit en 1885 ; textes touaregs en prose, publiés pour la première fois en 1922, réédités en 1985, avec une introduction et des documents photographiques.

Signalons que de nombreuses études sur le monde berbère reproduisent des textes berbères, littéraires ou ethnologiques.

Les " mots et les choses berbères " d'Émile Laoust, par exemple, contiennent plusieurs textes en berbère, avec et sans traduction, dictés par des informateurs marocains. Le fichier de documents berbères de Fort-National (en Kabylie Larbaa nat Iraten) a produit, de 1947 à 1976, plusieurs dizaines de fascicules en berbère : contes, proverbes, légendes, chroniques, etc. La plupart des textes cités ont été recueillis et traduits par des auteurs européens, principalement français.

Mais depuis quelques années, des berbérophones de plus en plus nombreux transcrivent des textes de leur littérature. Il faut signaler particulièrement l'œuvre de Mouloud Mammeri (1913-1989) qui publia quatre textes majeurs en berbère : Les Isfra, poèmes de Si Muhand ; Tajerumt, grammaire berbère ; Poèmes kabyles anciens ; Ina-yas Ccix Muhand, Cheikh Mohand (Ou Lhocin) a dit, oeuvre posthume dont un premier tirage a été réalisé à la fin du deuxième trimestre 1989.
Il faut signaler également les récentes tentatives d'écriture berbère, notamment kabyle, avec la publication de poèmes, de bandes dessinées et de romans de fiction.

D'après le journal Amzday 
M.A. HADDADOU Guide de la culture berbère et de la langue berbère 1994
Collection de livres berbères de la librairie Avicenne :
http://ourworld.compuserve.com/homepages/Librairie_Avicenne/berbere.htm

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