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Librairie

Sindibad le Surfer

Hamid Lechhab

Réf : 397

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L´écrivain marocain, résidant en Autriche, Hamid Lechhab, auteur entre autre de «la Saison du retour dans le Sud», «18 ans d´étude contrebandier à travers la mer» et «l´Archéologie d´un immigré», tous des romans en arabe consacrés à l´immigration,

(...) vient de publier aux éditions Fédala, cette fois-ci en français, un nouveau roman ayant comme titre «Sindibad le Surfer». Cette figure littéraire historique arabe prend le rôle du héros dans ce roman et conduit le lecteur dans un univers fantastique plein de surprises et de questions existentielles profondes qui occupent l´Homme arabe moderne.

La toile de l´arrière plan de ce produit littéraire se dessine sous un fond bleu azure où la blague côtoie le sérieux, la réalité l´imaginaire, le beau le superficiel et les larmes le sourire. Si Sindibad d´autre fois a effectué sept voyages sur des mers de différentes agitations, le nouveau Sindibad surf dans les nouveaux océans virtuels que l´internet propose en portant deux messages essentiels:

- Premièrement: changer radicalement la manière de penser arabe pour s´intégrer dans le monde moderne en sortant des cadres traditionnels et traditionalistes pleins entre autre des fantasmes, des déchirures, des blessures historiques et du sentiment du dépassement et d´arriération. Revenir au centre du monde au lieu de s´accroupir sur la périphérie et attendre que les choses s´améliorent d´elles mêmes:
«Et il n’ y a que l’ âne qui comprend Sindibad. Cet animal si discret et si endurant lui rappelle l’histoire de notre ère arabe! On attend! On attend! Et on ne fait qu’attendre. Et attendre a marre de notre attente et attend qu’on n’attende plus! Mais quand l’Arabe n’attend plus, qu’est ce qui lui reste à faire? On attend un jour et on ne se lasse pas d’attendre! Et chacun a une raison pour attendre! On n’attend ni la même chose ni les mêmes personnes, mais on attend! Cette attente devient de jour en jour un fardeau, un handicap, un frein pour notre créativité et notre besogne. Il semble, pense Sindibad, que les Arabes ne soient plus créatifs! Ils ne peuvent plus être créatifs, car ils attendent! Attendre passivement, philosophe Sindibad, ne mène nulle part! Il assure seulement le statut d’«Attendeur»: la raison d’exister de l’Arabe est le fait qu’il attend! L’Arabe attend, donc il existe! L’Arabe existe donc il attend! Mais l’Arabe, se dit Sindibad, n’a plus le droit d’attendre, car attendre n’est plus exister! Exister c’est se réveiller, aller rencontrer la Chance là où elle est, et ne pas attendre qu’elle vienne taper à la porte.»

- Deuxièmement: Œuvrer à ce que la paix prendra la place des guerres qui ravagent les siècles humains et contribuent à notre décadence en ouvrant les portails de l´humanisme original qui s´est fait étrangler plusieurs fois dans la langue histoire du genre humain:
«Un sentiment de dégoût envahit Sindibad. Il ne reconnaît plus sa mer préférée. Il sent ses larmes chaudes couler sur ses joues. Comme une apparition heureuse, il voit en essuyant ses yeux l’image de Jésus marchant sur l’eau en direction de la Palestine. Il passe devant les fenêtres de sa mémoire comme un mirage, fixant droit le mur des lamentations. Des cris et des brouhahas des soldats et des adeptes le poursuivent. En un clin d’ oeil Jésus souffrant sur la croix fixe Sindibad, comme s’il lui disait de prendre la fuite. Les mains bien clouées aux planches, le visage saignant Jésus a comme un sourire sur les lèvres. Sindibad se demande s’il se moquait de ce qu’on lui faisait ou s’il annonçait la bonne nouvelle. De l’autre bout de ce coin de la terre Mohammed tremble dans la caverne Haira. Il sue en sentant le poids de l’héritage qu’il doit annoncer.

Le passage des prophètes par cette région n’a en fait rien changé. En fait cette région est connue pour chasser ses prophètes. Plus il y avait des prophètes, plus il y avait de complications. Sindibad ouvre les yeux et il voit, en tombant en arrière, un immense nuage lumineux passer à une vitesse vertigineuse.

Il est sûr que Dieu a quitté la région pour de bon. Le PC-Bateau commence à calculer la vitesse du nuage lumineux. Des milliards et des milliards d’années-lumière s’affichent à l’écran. Tout à coup l’explosion s’est produite dans le PC. Le bateau s’arrête, avant que Sindibad ait le temps de sauter dans l’eau. Rien ne marche plus! Tout est bloqué. Bien au milieu de la mer, en pleine inconscience, Sindibad déguste sa défaite technique.»

Et puisque Sindibad est la figure par excellence de l´immigré, le vagabond, le touriste et le promeneur entre les âges les civilisations et les cultures, il découvre aussi à travers ses va et vient dans l´histoire l´immigration arabe moderne et poursuit les traces des flux migratoires arabes à travers les continents pour transmettre leurs souffrances et leurs espoirs à travers des phrases semées dans le vent, transportées par des ailes inconnues pour faire entendre la cause de l´immigré arabe dans le monde.

«Le carabinier lit ce que lui tourne dans la tête. Il lui ordonne de s’éloigner de la roche en pointant le fusil vers lui. Sindibad sait qu’ il y a des flics cons qui peuvent tirer plus vite qu’ils pensent. Le trou du canon du fusil dirigé vers lui ressemble au trou noir de la mémoire européenne qui a oublié, ou qui veut oublier, ou qui n’ a jamais pensé qu’ elle a saigné l’Afrique jusqu’au bout pour quelques kilos d’or ou de bananes. Des sons parviennent de son PC, lui annonçant que la menace est réelle et qu’il doit disparaître s’il veut encore vivre. Une angoisse sombre l’envahit et une rage noire l’enveloppe. D’un geste machinal il appuie sur son clavier et le bateau-PC prend la direction de l’est. Sindibad sent toute la tristesse du monde lui tomber sur la tête en remâchant les paroles du gros de Marseille. Les yeux fixés sur le large, l’ âme serrée, Sindibad fonce dans le brouillard matinal de la Méditerranée en essuyant les larmes qu’ il n’ a jamais pu pleurer pour ces pauvres Africains qui ne demandent de la vie que ce qui leur revient.

Il crie en pleine solitude et détresse:
- Que l’ injustice est conne! Tous les Africains sont nés avec un péché originel: être né! Il ne devraient pas naître pour ne pas souffrir. Et puisqu’ ils sont là, ils faut qu’ ils vivent. Ils n’ ont pas choisi la vie, c’est elle qui les a choisi.

Le péché originel de la génération africaine actuelle c’est qu’elle est africaine. Elle doit accepter son sort comme Adam et Eve ont accepté le leur. L’ histoire de l’injustice se répète d’une manière considérablement compliquée: Dieu a chassé Eve et Adam par le biais du serpent. En les chassant, dit-on, il leur a donné la possibilité de décider pour eux-mêmes. C’est-à-dire il leur a donné une alternative à la vie monotone et embarrassante dans un paradis éternel ennuyeux et sans sens. A quoi ça sert de vivre éternellement dans une atmosphère réglée, ou rien n’est laissé au hasard? Dieu a donné le paradis à Adam et Eve et l’Afrique aux Africains, qu’est-ce que l’Européen est allé chercher chez eux? Le serpent, dit-on! Non, dit Sindibad en réfléchissant à voix haute en se cognant contre les vagues. Les Européens ont volé et volent encore le paradis africain en laissant le serpent. Les Africains qui rodent dans les rues européennes ne cherchent que leur paradis perdu.»

Tout ceci, en sachant que la nouvelle histoire de Sindibad ne commence pas à l´Est du monde arabe, mais à son Ouest au Maroc et précisément à Matmata, petit village natal de l´auteur, où les premiers fils de ce roman ont eu lieu.

Quand à l´écrivain Hamid Lechhab, il est l´auteur, en plus des romans cités plus haut, de quelques ouvrages spécialisés en psychologie, pédagogie et philosophie comme «L´enfant et Dieu», «L´épistémologie des sciences de l´Education». Traducteurs de quelques œuvres philosophiques allemands en arabe, entre autre: «Dieu en tant que preuve de son existence», « le médecin en tant que médicament», «Textes choisis d´Erich Fromm», «La guerre bizarre».




Défenseur farouche d´une société marocaine moderne et ouverte et porte parole de l´immigré là où il se trouve.

Sindibad le Surfer  Auteur : Hamid Lechhab
Editions Fédala
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