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Métiers. Qui fait quoi ?


La réalité des métiers de l'irrationnel est beaucoup moins enchantée que le monde de Harry Potter. S'il arrive à des clients de tomber sur un pauvre vieillard parfaitement convaincu de sa baraka et qui croit en user “pour le bien de l'humanité”, le monde des sorciers est un monde glauque, sinistre et marqué par des compétences enchevêtrées.
Mais de manière générale, on distingue quatre grandes catégories : les fqihs, les sorciers, les voyants et les guérisseurs.

Les fqihs. Ils prétendent souvent “utiliser une science tirée du Coran” pour régler les problèmes des gens. Ils opèrent souvent à la limite entre le fiqh et la sorcellerie. “J'utilise des versets du Coran que je griffonne sur un bout de papier parfumé à l'encens, je fais plutôt dans la magie blanche et je ne me sers de mon métier que pour faire du bien”, précise ce fqih qui fait également fonction d'imam dans une petite mosquée du Hay Mohamadi. Son champ
d'intervention va du désenvoûtement, à la lutte contre la possession en passant par la confection de philtres d'amour.

Les sorciers. Comme les fqihs, ils maîtrisent la magie blanche et l'usage du Coran à des fins thérapeutiques. Mais ils ne s'en tiennent pas à cela. Ils ont parfois recours à de la magie noire, appelée communément chez nous la magie satanique. C'est parmi eux qu'on retrouve les chasseurs de trésors et autres profanateurs de tombes.

Les voyant(es). Ils / elles connaissent un grand succès en raison de leur faculté supposée de divination et de médiation. En matière de sciences occultes, ils / elles sont incontournables et constituent de l'avis de nombreux spécialistes la profession la plus consultée. Sur cette catégorie est venu se greffer un métier assez nouveau au Maroc : l'astrologie. “Nous avons de plus en plus de succès auprès d'une clientèle aisée”, précise un astrologue.

Les guérisseurs. Ils constituent une catégorie à part puisque les gens considèrent qu'il s'agit là d'un métier qui revêt un caractère purement médical. Très peu d'entre eux portent encore le savoir traditionnel basé sur les herbes et les plantes médicinales. Les autres, qui se cachent derrière le label de guérisseur sans en maîtriser la science, sont plutôt des “charlatans”. C'est le cas de ce guérisseur de Benslimane qui prétend venir à bout des cancers de la peau les plus rebelles.


 

Insolite. Quand ça tourne au vinaigre

 

Qu'ils se drapent de mystère comme les voyants, les numérologues et les sorciers ou qu'ils prétendent détenir la baraka comme les gourous, et autres fqihs… les charlatans ont ceci de commun qu'ils ont besoin de la bêtise des clients pour prospérer. Souvent la ficelle est tellement grosse que la victime bien que consentante finit par se révolter et porter l'affaire devant la justice.

Pour ce haut fonctionnaire, l'histoire se résume à plusieurs déboires professionnels. Suspendu de ses fonctions, pour une vague histoire de corruption, il est à nouveau licencié à deux autres reprises dans le privé. Il se rend chez un fqih notoire qui le convainc qu'il réussira à le faire “coller” à son poste.

Le client se prête bon gré mal gré à une opération humiliante : l'écriture sur ses fesses à l'encre noire de formules magiques qu'il ne faudra en aucun cas essuyer. Moyennant quoi, il ne sera plus sur un siège éjectable. Le tout pour plus de 30.000 DH.  Six mois après, mis à la porte à nouveau, déprimé, il se défoule sur le fqih, le roue de coups et porte plainte. Ils sont actuellement devant la Cour. 

Quant à ce riche minotier de Béni Mellal, il s'est fait arnaquer par un fqih qui prétendait “détenir les formules magiques nécessaires pour exhumer les trésors”.  Par une nuit d'hiver, dans une maison abandonnée, accompagné du minotier, l'escroc commence à psalmodier des formules sataniques.  Il exige de son compagnon qu'il s'éloigne, allume le feu dans un brasero et y jette des substances fortement fumigènes “pour tenir le diable à distance”, murmure-t-il.

Asphyxié, le minotier sort dehors. Quand il revient 20 minutes après, le sorcier a disparu par une porte arrière avec des honoraires confortables qui s'élèvent à trois cent cinquante mille dirhams. La police cherche toujours le faux sorcier mais véritable escroc.

Sources : Telquel

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