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Les marocains

La calligraphie, trace de la civilisation musulmane

Textes de Mohamed Sijelmassi

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La période antéislamique

La calligraphie est l’écriture de plusieurs peuples qui ont en commun la religion musulmane et la civilisation qu’elle a engendrée.

De nombreux pays musulmans l’utilisent depuis plusieurs siècles pour écrire leur langue :
- l’arabe
- le persan
- le turc (jusqu’à la réforme d’Attaturk – XXe siècle)
- l’ourdou
- le swahili
- la langue soudani

Les Arabes de la période antéislamique communiquaient et transmettaient leurs connaissances selon une tradition orale. Le premier spécimen connu de l’écriture arabe remonte au IIIe siècle, mais en réalité elle ne s’est développée qu’à partir du VIIe siècle, avec la diffusion du Coran et l’émergence de la civilisation arabo-musulmane.

L’alphabet arabe a pour ancêtre l’alphabet phénicien qui est une écriture sémitique.

Ses lettres dérivent pour la plupart de l’écriture nabatéenne : quelques-unes s’apparentent à l’écriture syriaque et à l’estrangelo.

Certains documents archéologiques attestent cette parenté lointaine :
- Inscription d’Umm al Jimal datée de 250
- Inscription de la tombe du poète préislamique Imru al-Qaïss à Namara datée de 328
- Inscription de Zabad en grec et arabe datée de 512
- Inscription de Haran datée de 568

À partir de ces modèles, l’écriture arabe s’est modifiée progressivement et ne s’est stabilisée pour devenir l’écriture de tous les Arabes qu’à l’avènement de l’Islam, au VIIe siècle.

Le Coran a joué un rôle central dans son évolution et sa formation en tant que calligraphie.
Le premier Coran connu est écrit en Coufique. Il est attribué au Calife Othman.
Par la suite le Naskhi (calligraphie cursive) s’est généralisé.


Le code calligraphique
Ce n’est qu’au Xe siècle que des règles précises sont établies afin de donner à chaque style calligraphique, grâce, élégance et harmonie. Les artisans de cette codification sont Ibn al-Muqla et son élève Ibn al-Buwab. Au XIIIe siècle, Yaqut al-Mustaassimi jouera le rôle de consolidateur.

Au Maroc, le calligraphe al Qandussi, natif de Tanger, s’est distingué au XIXe siècle par un style personnel qui le place dans la série des innovateurs et des précurseurs de la calligraphie en tant qu’art moderne.
Les règles établies sont basées sur la beauté des proportions découlant de la perfection géométrique du point et du cercle.

À l’aide du bec du calame, on forme un point puis on trace la première lettre de l’alphabet, l’Alif, qui doit avoir comme hauteur un nombre de points correspondant au style calligraphique choisi (5 à 7 points).
On trace un cercle dont le diamètre est égal à celui de l’Alif de référence.
Chaque lettre est fragmentée en segments courbes ou rectilignes.
Les parties courbes sont tracées selon des arcs du cercle standard et mesurent un certain nombre de points. Il en est de même des segments droits.

Il ne reste plus qu’à s’exercer pendant des jours et des jours pour maîtriser les proportions et donner à son style toute l’élégance et l’harmonie souhaitées.

Les styles
Avec l’extension de l’Islam et la formation de la civilisation arabo-musulmane, la calligraphie arabe a connu des modifications régionales, donnant naissance à plusieurs styles :

Styles coufiques
- Coufique archaïque
- Coufique fleuri
- Coufique tressé
- Coufique géométrique
- Coufique liseré
- Coufique natté
- Coufique Pahlavi
- Coufique Maghribi

Styles cursifs
- Thuluth
- Naskhi
- Muhaqaq
- Rihani
- Riqâa
- Tawquii (signatures)
- Ghubar
- Al-taj
- Tughra (Turquie)
- Taâliq
- Nastaâliq
- Bihari (Inde)
- Sini (Chine)
- Diwani
- Jil Diwani
- Gulzar
- Sunbuli
- Zul al arus
- Maghribi Andalousi

Styles anthropomorphe et zoomorphe

L'arbre généalogique de l'écriture arabe
L’alphabet phénicien est l’ancêtre de l’écriture arabe qui est une écriture sémitique

Phénicien-Punique libyco–berbère (VIe siècle av. J.-C.)
Tifinagh
Hébreu-Araméen
Syriaque
Nabatéen
Arabe
Turc
Malais
Persan
Odu

L'écriture Tifinagh
L’alphabet tifinagh sert à écrire la langue touareg et la langue berbère dans le Maghreb.
Connu depuis 5 000 ans, le tifinagh dérive de l’alphabet phénicien et comprend 27 signes.

Généalogie de l’écriture tifinagh :
Phénicien (XIIIe – XIe siècle av. J.-C.)
Punique Libyco-berbère (Ve siècle av. J.-C.)



Tifinagh :
Il était écrit sur des supports fixes, tels que le sol, les arbres, les rochers ou sur des supports mobiles tels que le bois, le métal, le cuir, le tissu et le papier. Il disparaîtra pendant un certain temps avant d’être de nouveau utilisé dans certaines publications et à la télévision.


Textes de Mohamed Sijelmassi

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