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Orientales

Ces femmes tisserandes aux doigts de fée

Najat Faïssal DNCR à Tanger

Réf : 1459

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Le tissage n’est plus seulement un passe- temps pour les femmes au foyer, qui ont décidé d’en faire leur métier. A l’instar de certaines régions au Maroc, beaucoup de tisserandes de la région de Tanger- Tétouan, dans la province rurale de Fahs-Anjra, jouissent d’une certaine notoriété dans le domaine de l’artisanat. «La plupart des maisons de la province de Fahs-Anjra disposent d’un cadre en bois (lemremma) pour le tissage.

 

 

Beaucoup de ces femmes rurales se sont spécialisées dans le tissage des mendil, jellaba et haïk. Elles en ont fait leur source de revenu », indique Jamila Iarbitin, membre de l’Union nationale des femmes du Maroc (UNFM) à Khemiss- Anjra.

 

 Par ailleurs, le célèbre souk hebdomadaire de Khemiss- Anjras constitue un lieu d’exposition et de vente pour les tisserandes des communes rurales relevant de la province de Fahs- Anjra. Les passionnés des produits de tissage peuvent y découvrir la créativité artistique de ces femmes rurales. Outre les communes rurales de Jbala, des villes de la région du nord telles que Chefchaouen, Assilah, Tanger ou Tétouan se distinguent par la production féminine de tissage. Des femmes tisserandes ont réussi à y apporter beaucoup d’améliorations à ce secteur d’artisanat.

 

Certaines d’entre elles ont hérité leur métier de leurs parents, alors que d’autres l’ont appris sur le tas. Mais elles se disent toutes passionnées par le tissage. Comme c’est le cas d’une dizaine de femmes et jeunes filles tisserandes tangéroises qui se sont regroupées depuis 2007 en une coopérative appelée Arouss Chamal. Laquelle est considérée comme la première coopérative féminine du tissage à Tanger. Les membres de cette coopérative ont appris le tissage dans l’atelier de l’Association Darna sous la direction de Zohra Chatt, qui a vécu son enfance dans la commune de Khmiss Anjra et hérité son métier de sa mère. «Je savais coudre et broder à l’époque où j’ai décidé d’apprendre ce métier avec les autres membres de notre actuelle coopérative encouragées par les responsables de l’Association Darna. Le tissage nous a paru au début très difficile, mais nous avons réussi à l’apprendre pendant deux ans. Nous avons pu au cours de notre formation et grâce à l’aide et au soutien des responsables de Darna exposer et vendre nos produits à la galerie de cette association. Nous avons décidé, après notre apprentissage au sein de l’atelier de tissage, de créer notre coopérative», affirme la présidente de la coopérative de tissage Arouss Chamal, Naïma Laghmich.

 

Cette dernière poursuit que les membres de cette coopérative ont continué d’exercer pendant quelque temps leur métier dans les locaux de la maison communautaire des femmes de Darna. «Nous avons bénéficié du soutien de l’Initiative nationale pour le développement humain (INDH) et de l’Entraide nationale pour créer notre propre local au centre-ville. Nous avons participé à un grand nombre d’expositions organisées à Tanger et dans d’autres régions au Maroc», dit Mme Laghmich, faisant remarquer que «notre production attire un nombre important d’amoureux des produits de tissage dont les touristes. Nous avons réussi, grâce à la qualité et la créativité des membres de notre coopérative, à fidéliser notre clientèle au Maroc et avoir des demandes pour nos produits de quelques pays européens. Et nous sommes surtout fières de contribuer à la promotion du tissage, qui fait partie de notre patrimoine artisanal et traditionnel. Malgré tout, nous souffrons encore du problème de la commercialisation de nos produits». Les femmes tisserandes de cette coopérative se considèrent comme des artistes.

 

Elles se disent toujours soucieuses de leur évolution pour être plus créatives et avoir une grande connaissance dans l’utilisation des couleurs pour la réalisation de leurs œuvres. «Nous avons pu nous imposer parmi les professionnels de ce secteur dont les hommes tisserands de Findek Chejra, qui nous ont aidées pendant nos débuts et nous ont données l’adresse de la plupart de leurs fournisseurs de la matière première», explique la vice- présidente de cette coopérative, Souad Tarab. Et d’ajouter que «le fait que nous soyons femmes nous aide à mieux connaître le goût de nos clients en ce qui concerne les articles vestimentaires et ceux de décoration de l’intérieur de la maison. Et en plus des articles traditionnels tels que jellabas, mendil et tapis, nous produisons de nouveaux articles qui connaissent une forte demande tels que des châles et des sacs».

Grâce au tissage, Rahma Bouselham, autre membre de la coopération Arouss Chamal, fait vivre sa famille nombreuse dont une fille souffrant de troubles mentaux et son mari malade et en chômage. «Ce métier dont je suis devenue très amoureuse me donne plus de dynamisme pour affronter la vie», dit-elle sans cacher son optimisme pour l’avenir du tissage, qui a commencé, ces dernières années, à se revitaliser dans la région de Tanger- Tétouan.

Par Najat Faïssal

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