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Orientales

Femmes & Mode ; La maturité sexuelle

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Parce que l’on se connaît mieux et que l’on accepte l’autre dans ses différences, on ne fait pas l’amour à 40 ans comme à 18.
L’érotisme n’est pas forcément naturel… il s’apprend.

Je n’échangerais pas ma sexualité actuelle contre celle de mes 20 ans, lance d’emblée Laurence, 43 ans. D’abord parce que je m’aime davantage aujourd’hui, malgré mes rides et quelques kilos en trop, et puis parce que je ne suis plus dans l’attente que l’autre me révèle mon plaisir. Tout simplement parce que je me connais mieux physiquement et psychiquement. » Pour Simon, 39 ans, l’expérience de la maturité est venue avec une rencontre clé. Une femme bien dans sa tête et dans son corps qui l’a débarrassé de son angoisse de performance. « Pour moi faire l’amour, c’était faire mes preuves : il fallait que je me prouve que j’étais un bon amant ; qu’avec moi, les femmes avaient plus de plaisir qu’avec les autres. Ariane a stoppé ce processus presque du jour au lendemain, elle m’a sécurisé et m’a autorisé à mieux m’occuper de moi sans stress ni culpabilité. Cette relation a révolutionné ma vie et mes rapports avec les femmes. »

S’il est vrai que notre sexualité dépend de notre trajet psychoaffectif, son évolution est tributaire des expériences que l’on vit et de la façon dont on évolue.

« J’ai mis du temps à m’affranchir de ma culture familiale, analyse Sadia, 38 ans. Chez moi, le plaisir était d’abord une affaire d’hommes. J’ai rompu avec ma famille très jeune, mais j’ai mis beaucoup de temps à avoir une vraie sexualité hors de la soumission et de la honte du corps. C’est en discutant avec mes amies, en échangeant nos expériences, en lisant des témoignages de femmes que j’ai commencé à oser prendre des initiatives avec mon corps et celui des hommes. Je ne me sens vraiment femme que depuis deux ou trois ans. »

« De très nombreuses femmes connaissent un début de vie sexuelle sans grand plaisir. Il n’y a qu’avec le temps que l’on peut se laisser aller, s’abandonner, explique Jean-Luc Thoréton, sexologue. A mesure que l’on entre dans l’intimité de ses sensations, de ses envies, de son désir. » Si la capacité de s’abandonner est l’une des conditions majeures du plaisir pour les femmes, l’homme, lui, doit apprendre à se contrôler. La maturité sexuelle ne peut aller sans la conscience de ces contraires à concilier.

Les toutes premières expériences sexuelles servent à faire connaissance avec le corps et le fonctionnement de l’autre, mais elles se heurtent rapidement aux limites posées par la nature. L’éthologue Boris Cyrulnik rappelle que l’accès au plaisir de l’homme et de la femme sont totalement antinomiques. « L’homme doit lutter pour retarder son éjaculation que la nature a prévue rapide, tandis que la femme doit se laisser aller pour ressentir la lente montée du plaisir. »

« Pendant longtemps, j’ai fait l’amour avec la peur au ventre, dit Régis, 37 ans. Je vivais dans la hantise de l’éjaculation précoce. Du coup, quand je faisais l’amour j’étais comme dédoublé : d’un côté, mon corps agissait et de l’autre, ma tête était aux commandes. Et puis avec le temps, en discutant avec des copains, j’ai réalisé qu’on en était tous là, qu’il n’y avait pas de surhommes et, petit à petit, j’ai repris confiance. Ce qui est clair, c’est que les femmes ont le pouvoir de nous inhiber ou de nous libérer, je pense que j’ai eu beaucoup de chance avec mes partenaires. »

Il y a quelque chose de l’ordre du paradoxe dans une relation sexuelle mature, un équilibre fragile à trouver entre laisser-aller et savoir-faire, contrôle et spon-tanéité. Un savant dosage qui ne s’acquiert qu’avec le temps. « Entre 18 et 25 ans, les hommes peuvent difficilement être mûrs, affirme le sexologue Gérard Leleu (1). Tout simplement parce que leur désir est trop impérieux, il leur faut du temps pour le contrôler. Le plaisir masculin est souvent suivi d’une phase réfractaire pendant laquelle l’homme connaît une fatigue physique et une diminution du désir. Sa maturité va consister à retarder le moment de son plaisir pour en donner davantage à sa partenaire. » Autre critère de maturité sexuelle masculine : la capacité à ne pas placer au centre de l’érotisme les organes génitaux. « Naturellement, l’homme est centré sur son sexe et a souvent pour cible celui de la femme, poursuit Gérard Leleu. La maturité consiste à porter son intérêt érotique sur l’ensemble du corps de la femme en le morcelant le moins possible. »

Yann, 38 ans, se souvient des débuts de sa vie sexuelle avec une certaine autodérision. « Longtemps, je n’ai fait l’amour qu’aux seins et qu’au sexe des femmes, j’y trouvais mon compte. J’ai changé ma façon de faire lorsque je suis tombé amoureux, je suis alors devenu plus sensuel, plus réceptif à l’autre, un meilleur amant en un mot. Cela dit, j’y ai trouvé moi-même beaucoup plus de plaisir. »

Pour Gérard Leleu, l’amant mature est prodigue en « caresses gratuites ». Non pas les caresses comme passage plus ou moins obligé des préliminaires, mais celles, sensuelles et variées, qui donnent autant de plaisir qu’elles en procurent. Et qui font entrer les amants dans un univers créatif et sensuel.

1- Auteur du “Traité des caresses” (J’ai Lu, 1998) et du “Jardin des caresses” (Flammarion, 2000).

Si l’homme doit, pour accéder à la maturité, maîtriser ses pulsions, la femme doit, elle, au contraire aller vers le lâcher-prise, l’abandon. « Ce comportement ne s’acquiert pas du jour au lendemain, explique Gérard Leleu. Il faut pour cela qu’elle ait une certaine connaissance de son plaisir, donc de son corps. La masturbation joue à ce titre un rôle important. Une fois que les femmes maîtrisent le cheminement de leur plaisir, elles peuvent s’autoriser à être sexuellement actives avec un homme. Cette lente progression vers la maturité explique que de nombreuses femmes découvrent l’orgasme vaginal plus sûrement autour de 35 ans que de 20. » Dès lors, faire l’amour devient un échange dans la connaissance de soi et des différences de l’autre.

Une position que partage le docteur Thoréton pour qui la maturité sexuelle consiste en « un partage du plaisir dans un égoïsme bien pensé ». « C’est-à-dire que dans une relation sexuelle mature, poursuit le sexologue, on sait tirer partie de la richesse de l’autre pour son propre bénéfice et réciproquement. Etre mûr sexuellement, c’est éviter le piège de la fusion, c’est comprendre et accepter que, dans l’érotisme, on vit dans une solitude partagée. »

Valorisation narcissique, exercice de pouvoir sur l’autre, recherche du plaisir pour le plaisir… Les motivations qui agissent sur la sexualité sont multiples. Mais seule la maturité, c’est-à-dire la conscience de ce que l’on est, et l’acceptation de l’autre permettent de transformer une simple recherche de plaisir ou de pouvoir en échange et en partage. Les sexologues sont unanimes : ce n’est pas l’accumulation des expériences qui fait la maturité. Sans conscience de ce qui se joue dans la relation sexuelle, à savoir la rencontre avec l’autre, avec la différence, on se condamne à rejouer éternellement le même scénario sans faire évoluer son désir et son plaisir.

« Maintenant, au-delà du désir purement physique, j’ai besoin de ressentir quelque chose pour ma partenaire, explique Patrick, 41 ans. Ce sentiment est important même s’il ne dure que le temps de la relation sexuelle. Je suis passé du consommateur-prédateur à l’amant. » Prendre l’autre dans toute sa différence et sa richesse, et non plus seulement comme un objet, accepter ses limites et celles de l’autre, font partie de la maturité sexuelle. « Lorsque l’on est mûr sexuellement, explique Jean-Luc Thoréton, on se sert de tous les outils dont on dispose - curiosité, imagination, tendresse - pour les mettre au service de la relation. On fait feu de tout bois, c’est une attitude qui va bien au-delà de la simple quête du plaisir physique. »

La maturité sexuelle ne s’acquiert pas en claquant des doigts. S’il est vrai que les rencontres et l’expérience la favorisent, il faut pourtant se garder de croire que l’accumulation des expériences ou le passage du temps suffisent à faire évoluer notre sexualité. Voici une liste (non exhaustive) de conseils du sexologue Gérard Leleu pour dynamiser notre évolution.

• Ne pas rester figé sur un premier échec. Les premières relations sexuelles sont à considérer comme des gammes, des exercices. On ne sait pas faire l’amour une fois pour toutes. Corps et esprit sont en mouvement permanent. Il est important de faire le point sur les causes de « l’échec » pour pouvoir y remédier.

• Solliciter ses sens au quotidien et pas seulement dans l’acte sexuel. Seul le coït est naturel, l’érotisme s’apprend, se développe. Plus on trouve du plaisir en soi et avec soi, mieux on est disposé pour en donner et en recevoir.

• Faire le tri dans son héritage socioculturel. Quelle place avait, dans sa famille, la sexualité ? Le plaisir ? Quel rôle a-t-on attribué à l’homme et à la femme ? De nombreux freins viennent d’une culture limitante et culpabilisante que l’on n’a jamais remise en question.

• Aimer et soigner son corps. Un corps mal assumé ne peut pas être un bon partenaire dans la sexualité.



• Retrouver son insouciance. Faire l’amour est une chose sérieuse à prendre avec légèreté. L’esprit ludique, créatif est indispensable à une sexualité riche et généreuse. Sexe et pouvoir sont trop souvent confondus au détriment du plaisir et de l’échange.

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