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Commerce électronique au Maroc, quelques difficultés de mesure

Par Ahmed MESKINE, jeunesdumaroc.com

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L’idée de ce sujet remonte à l’été dernier au moment où un membre de la famille, étudiant en France, était avec moi et voulait repartir à cause de la rentrée universitaire.

Une fois qu’il a décidé de partir, c’est évident qu’il avait besoins du billet d’avion. Je lui ai proposé de le déposer en centre ville pour la réservation ou le paiement chez l’agence de la compagnie aérienne. Il m’a répondu calmement qu’il n’est pas nécessaire d’allez à l’agence et qu’il pouvait faire tout cela sans sortir de la maison.

Effectivement, il s’est
installé devant le micro et dans moins de cinq minutes, il m’a annoncé que c’est fait, j’ai payé mon billet ; je partirai dans quatre jours. Ce n’était pas une grande surprise pour moi car j’ai entendu parlé de ce genre d’opérations ; mais des généralités pas plus. Alors, de là, naissait l’idée de s’informer et de se documenter sur ces types de services et tâches qu’on peut en bénéficier ou réaliser de loin. Je me suis trouvé devant un vaste sujet, une « activité » en plein essor, dite : « commerce électronique » ou « e-commerce » qui de se définie comme étant la vente et/ou l’achat sur l’Internet.

Au passage j’ai noté que le pays leader dans ce domaine n’est autre que les Etats-Unis. Ainsi, le discours du vice-président Al Gore du 20 décembre 1993 sur les autoroutes de l’information a marqué le début d’une démarche volontariste des Etats-Unis sur le thème de la "société de l’information" qui s’est progressivement orientée vers la promotion de l’Internet et le développement du commerce électronique.

Les Etats-Unis ont acquis une position dominante dans le domaine des technologies de l’information et sont en avance dans leur utilisation. J’ai arrêté ma recherche à ce niveau en espérant la continuer un jour. Heureusement ce jour n’a pas tardé à venir. En effet, on a vu en novembre 2007, le Centre Monétique Interbancaire (Groupement professionnel des banques) autorisant le paiement en ligne (par Internet) par carte bancaire. A quelques jours d’intervalles, on a vu la promulgation de la loi n° 53-05, relative à l’échange électronique des données juridiques. Cette loi a pour objet l’équivalence des documents établis sur papier et sur support électronique et à la notion de « signature électronique ».

Ces deux textes l’un opérationnel et l’autre juridique étaient si importants qu’ils étaient très médiatisés. Cette médiatisation m’a poussé à reprendre ma recherche déjà amorcée en la matière. Etant devant un vaste domaine, multidisciplinaire, j’ai limité le champ de son approche en n’abordant que le volet « mesure » de cette activité qui est le e-commerce.

L’Internet a percé, en même temps avec et sans « douleur », toutes les sociétés du monde. C’est une révolution à laquelle on assiste. En effet, ses utilisations ne cessent de gagner du terrain : économie, gestion, sciences, formation, recherche, culture, communications, sports, divertissement, …. L’une de ses récentes  utilisations est celle de la vente et de l’achat sur Internet. C’est une activité en plein essor en liaison étroite avec le développement des Technologies de l’Information et des Communications (TIC).

Cette nouvelle activité attire les Entreprises, les Administrations, les Citoyens, les ONG et les autres Organismes publics ou privés. L’Internet marchand, fait désormais partie du quotidien de ces agents économiques et sociaux.

Ce développement ne peut continuer et durer dans un territoire national ou dans l’espace monde, en général, « sans gendarme ».

Il est donc indispensable d’adopter des règles de droit. Effectivement, la majorité des pays – dont le Maroc
récemment – ont promulgué des lois réglementant et régulant ce « géant invisible » qui est l’Internet et surtout ses utilisations parmi lesquelles, l’activité « commerce électronique » dite aussi « e-commerce ».

Etant une activité en plein
dynamisme, attirant chaque jour, des « marchands » et des « clients », le statisticien ne peut pas rester comme spectateur ; Il devra agir, comme le lui dicte son métier, pour MESURER cette activité dans son intensité et son ampleur, dans son importance par rapport au commerce traditionnel, dans l’économie du pays et dans ses impacts sur la société en générale.

Mesurer le commerce électronique au Maroc, est le sujet de cette note, qui ne peut prétendre être exhaustive, mais mon objectif n’est autre que soulever un débat sur ce sujet et sensibiliser le statisticien Marocain, si ce n’est déjà fait, à agir pour mesurer cette activité au Maroc.

Le commerce électronique, comme on verra en détail dans les paragraphes qui vont suivre, repose essentiellement sur les technologies de l’information et des communications (TIC). Il en découle donc que pour percer ce domaine, le découvrir et bénéficier de ses avantages, trois conditions de base doivent être réunies au départ, à savoir :

1)
L’alphabétisation ;
2) La disponibilité de l’électricité ;
3) La disponibilité des micro-ordinateurs et de la liaison Internet.

C’est une première étape de préparation de terrain pour exercer le commerce électronique soit en tant que vendeur soit en tant qu’acheteur ou soit en tant qu’intermédiaire de e-commerce.

Les indicateurs relatifs aux deux premières conditions, sont donnés par le recensement général de la population et de l’habitat (RGPH) ; le dernier date de septembre 2004. Les indicateurs des TIC sont fournis par des organismes spécialisés (publics et privés).

1 – L’analphabétisme
Selon le RGPH 2004, le taux d’analphabétisme (population âgée de 10 ans et plus) s’élève à 29,4 % en milieu urbain contre 60,5 % en milieu rural. Ce taux est plus faible chez le sexe masculin que chez le sexe féminin.

Taux d’analphabétisme (Population âgée de 10 ans et plus)
Sexe / Milieu Urbain Rural Ensemble
Masculin 18,8 46,0 30,8
Féminin 39,5 74,5 54,7
Les deux sexes 29,4 60,5 43,0
Source : www.hcp.ma  RGPH 2004

Par conséquent, on retient qu’en milieu urbain la variable « analphabétisme » ne peut être un grand obstacle au développement du commerce électronique.
En milieu rural, par contre, le taux élevé d’analphabétisme constituera un
sérieux obstacle pour l’activité « commerce électronique ».

2 – La disponibilité et le branchement au réseau électrique
Selon les résultats du RGPH 2004, on note que le taux de branchement des logements au réseau électrique est de 89,9 % en milieu urbain et de 43,2 % en milieu rural.

Dans ce dernier milieu, le taux de branchement au réseau électrique sera plus relevé vu la réalisation du programme d’électrification rural global (PERG) qui a permis l’électrification de 92 % des zones rurales.

On retient de ces deux taux (relativement élevés) qu’à l’état actuel, la variable « disponibilité de l’électricité » ne peut être un obstacle devant le développement du commerce électronique.

3 - Les Technologies de l’information et des télécommunications (TIC) au Maroc
Les réseaux, les outils et les moyens techniques constituent l’infrastructure base et indispensable sans laquelle le commerce électronique ne peut y avoir lieu et ne peut se développer. On entend par cette infrastructure : tous les équipements et abonnements au téléphone fixe et mobile, l’accès à l’Internet, les fournisseurs de service Internet (FSI), le parc des micro-ordinateurs et serveurs et tous les autres équipements de ce secteur.

Par ailleurs, de l’enquête 2006, sur la collecte des indicateurs des TIC, il ressort les résultats suivants :

A – Pour les ménages
Le taux d’équipement des ménages en lignes téléphoniques fixes est de 18%.
Le taux d’équipement des ménages en GSM est de 60%.

Comme obstacle à l’achat de micro-ordinateurs, les enquêtés en milieu rural ont cité en premier lieu
« l’analphabétisme » alors que les enquêtés en milieu urbain ont cité comme premier obstacle « les prix trop élevés ».

90 % des enquêtés ont déclarés qu’ils utilisent l’Internet pour la « recherche ».
8 % des interrogés ont exprimés le désir d’effectuer des « achats en ligne » dans les 12 prochains mois.

B – Les professions libérales
Dans cette catégorie de profession, l’enquête a révélé un fort taux d’équipement en téléphone fixe et mobile ;
- 82 % possèdent un micro ou plus ;
- 42 % sont connectés à l’Internet sur leurs lieux d’activité ;
- 3 % ont réalisé un achat en ligne durant les 12 derniers mois.

Concernant ce faible taux, les enquêtés ont avancés
deux causes le « manque de confiance dans la sécurité des transactions » et le « manque de confiance dans le sérieux des marchands en ligne ».

C – Les entreprises
Parmi les résultats de l’enquête :
On observe, un micro pour deux salariés. Cet indicateur est variable selon les branches ; La connexion à l’Internet est de
- 85 % dans les entreprises employant moins de 20 salariés,
- 93 % dans celles
employant entre 20 et 100 salariés et de
- 99 % dans les entreprises employant plus de 100 salariés.

Ce sont les cadres qui bénéficient de cette connexion (près de 75 %) contre 15 % pour les autres employés. La moitié des entreprises sont dotées d’Intranet.

Seulement 42 % disposent de site web quelles ont mis en place et généralement elles disposent de noms de domaines propres : .ma (52 %) .com (36 %) .net (3 %) autres (6 %).

Les acteurs du commerce électroniques
Le e-commerce est une activité qui fait intervenir cinq acteurs, chacun a ses besoins propres :
les clients
(cyberconsommateurs en général),
les entreprises (vendeurs mais aussi acheteurs),
l’administration, les intermédiaires
techniques et les intermédiaires financiers.

1) Le client
C’est l’élément central d’un système de e-commerce. Il est l’objet de toute l’attention pour le motiver à acheter. Il est aussi l’objet d’une vaste législation qui, en protégeant ce client, permet à celui-ci d’aborder avec confiance ce nouveau mode de commerce (Code de commerce, de concurrence, publicité, protection des informations personnelles, répression des fraudes, …).

L’internaute-client surfe sur le web et accède aux sites marchands pour s’informer et/ou pour acheter. Il a le droit de savoir s’il est sur le « bon » serveur, qu’il voit le « bon » produit et avec son « vrai prix ». Il peut être sollicité par le site à fournir des informations personnelles et/ou servant au paiement de la transaction.

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