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Les marocains

Migration. Quand la santé mentale en pâtit

Houda BELABD | LE MATIN 17.11.2008

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La santé mentale des migrants dépend intrinsèquement de leur situation socio-économique. Ce constat qui a été fait par l'association mondiale de psychiatrie a suscité la tenue d'une conférence de presse organisée à la faculté de médecine de Casablanca, dans le cadre de la 30e journée annuelle avec le réseau Euro-Med.
Décidément, les migrants vivent plus que personne l'isolement et sont souvent sujets à énormément d'actes discriminatoires. Chose qui trouble leur bien-être. Pis, lorsqu'il s'agit de sans-papiers, la situation devient pour le moins lamentable. Ces derniers deviennent facilement adeptes de l'alcoolisme et des addictions sous toutes leurs formes sans oublier le racisme qui est inhérent à ces personnes a priori pas comme les autres.

Lors de cette journée, beaucoup d'intervenants ont braqué les lumières sur des expériences de migrants vivant au Maroc et dans la zone euro-méditerranéenne. Intervenant à ce sujet, Rachid Bennegadi, psychiatre et anthropologue marocain qui exerce en France, voit que les migrants, où qu'ils soient, ont des droits et des besoins fondamentaux. «Tous les migrants de la terre ont droit au refuge, au travail, à la citoyenneté et doivent avoir accès aux services médicaux et sociaux.

Quand ils sont marginalisés, cela ne pourra que se refléter sur leur santé mentale. C'est presque machinal», entrevoit ce Marocain du centre psychiatrique Françoise Minkowska. Et d'ajouter: «Dans un monde qui bouge sans cesse, il faudrait migrer en prenant bien soin de prendre son thérapeute avec soi. Mais lorsqu'on connait nombre des passages illégaux dans le monde -estimés à 30 millions-, on peut en conclure que la santé mentale des migrants relève désormais de la santé publique».

De plus, une question pour le moins épineuse a été longuement débattue lors de cette journée.
Il s'agit de ce que les uns appellent «dialogue civilisationnel» et que d'autres préfèrent appeler «choc» ou "clash" des civilisations.
Il est indéniable que la communauté marocaine est omniprésente dans le bassin méditerranéen, toutefois, les bouleversements dont elle fait l'objet, posent souvent problèmes. Bennegadi développe: «Si au sein même de notre société marocaine nous avons des dissemblances culturelles et rituelles, comment voudriez-vous qu'un Marocain ayant grandi dans son pays puisse vivre en toute quiétude dans un état européen comme la Hollande?»
Curieusement, l'année 2008 est celle du dialogue interculturel en Europe. Néanmoins, pour les sans-papiers marocains vivant en France, la question de l'intégration n'est pas à l'ordre du jour.

On pourrait même se demander si le stress chronique que vivent ces personnes vulnérables ne pourrait pas causer, lui seul, un trouble mental chez elles.
Et puis, si à l'Hexagone la vie des migrants n'est pas vraiment rose bonbon, en Espagne, les Marocains, avec ou sans papiers, sont loin de jubiler.

Indubitablement, la communauté marocaine qui y vit est de près de 682.000 personnes régulières. D'après Adil Qureshi, psychiatre marocain qui a élaboré une étude en se basant sur des sondages espagnols, l'état mental des Marocains est «ambigu». Il affirme que le stress et la discrimination que subissent nos compatriotes en Espagne sont maladifs: «Contrairement aux idées reçues, d'après des études sociologiques espagnoles, notre communauté est de loin la plus tolérante.

Cependant, il ne faut pas comprendre que les Marocains sont bien intégrés. Ces mêmes sondages montrent que la vie espagnole n'est pas facile à gérer. Beaucoup de Marocains perçoivent que mes services publics leur donnent une attention de basse qualité», éclaire-t-il. D'un autre côté, si nos concitoyens parlent de «discrimination», les Espagnoles préfèrent le terme «paranoïa»…
Pour ce qui est de notre pays, la loi marocaine protège les migrants vivants sur son sol, même en situation irrégulière, et leur permet l'accès aux services médicaux.

La majorité de ces étrangers sont des Subsahariens pour qui la population marocaine n'est pas tolérante, preuve en sont les agressions verbales, physiques et morales qu'ils endurent presque quotidiennement. Dans le plus sensible des cas, ces personnes de couleur sont traitées d'esclaves…Somme toute, cette journée a permis la signature d'un contrat de partenariat entre l'association Amali et l'association mondiale de psychiatrie représentée par son président J. Arboleda Florez. Lequel contrat permettrait, selon les mots de Driss Moussaoui, à la santé mentale de notre pays de bénéficier des mêmes droits que la santé publique.
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Tous les chemins mènent… ou pas !

Président de l'Association marocaine des migrants subsahariens, Kabeya Jackson a parlé lors de cette rencontre du quotidien houleux des subsahariens du Maroc.
80% de ces derniers prétendent prendre le Royaume pour une terre de transit.
Il y en a aussi ceux qui y viennent pour étudier.

S'ils ont tous en commun d'avoir vécu des expériences discriminatoires, beaucoup d'entre eux admettent que l'intégration dans la vie active dans notre pays est moins dure qu'ailleurs.

Concernant leur bête noire, il s'agit certainement de la police locale.
Celle-ci est toutefois plus indulgente vis-à-vis des femmes enceintes en situation irrégulière, puisque la loi les protège jusqu'à ce qu'elles accouchent. On raconte l'histoire de l'une de ces femmes qui ignorait l'existence de cette loi (entrée en vigueur il y a à peine 5 ans). Au lieu de se diriger vers un hôpital, cette dame a perdu son enfant parce qu'elle a préféré accoucher à même le sol de peur d'être arrêtée par la police.

Par Houda BELABD | LE MATIN
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