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Librairie

«Douze siècles de soufisme au Maroc » de Ben Rochd Rachid.

Par Abdelaziz Mouride pour lematin.ma

Réf : 1211

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Soufi de la tariqa boutchichia, auteur de plusieurs ouvrages sur la question, Ben Rochd Rachid, vient de publier un nouveau livre sous le titre « Douze siècles de soufisme au Maroc » retraçant l'histoire du mouvement soufi au Maroc depuis la première implantation des deux principales tariqa, la Chadilia et la Qadiria,

 

venu de l'Orient au 13e siècle et qui donnèrent naissance à d'autres ramifications au cours des siècles telles la tijania, la boutchichia , la darqaouia et
bien d'autres dont les zaouias ont joué un rôle important dans la vie culturelle, cultuelle et souvent politique et sociale au Maroc.
Parmi les premiers maîtres soufis du 12e siècle, il faut citer Abou Madiane Ghaout (mort en 1197). Originaire de Tlemcen, il fut le disciple de Abdelkader Ajjilali qu'il rencontra en Orient, avant de venir s'installer en Andalousie, notamment à Cordoue et Seville puis au Maroc et d'y constituer les premiers zaouias madania.

On citera également Abdessalam Ibn Machich (mort en 1228) dont la légende en fait un descendant du Prophète par les deux Idriss, et l'ancêtre des chérifs de Ouazzane. La zaouia Ibn Machich s'est donné naissance à plusieurs ramifications sous la houlette de maîtres dont les noms sont encore mémorables: Abou Hassan Chadili (1196-1258) dont l'influence s'est répandue dans toute l'Afrique du Nord et au-delà et qui fit des successeurs tels Ibn Ata-Allah d'Alexandrie (mort en 1310) qui fut à l'origine de quelques ouvrages dont un bréviaire de soufis que les medersas marocaines de l'époque adoptèrent comme manuel scolaire.
"La ferveur de la tariqa chadilia ne diminue pas au cours des siècles, et sur la seule terre marocaine, de nombreuses confréries se forment sous son étendard", écrit Ben Rochd. Des plus célèbres de ces confréries, on retiendra la zaouia jazoulia qui fut un rempart contre l'invasion portugaise au 15e siècle, et contribua à l'avènement des Saâdiens suite à la défection de la dynastie wattaside. Une autre zaouia contemporaine est celle d'Ahmed Zerouk plus connu sous le nom de Ahmed Bernoussi al Fassi (mort en 1445) qui donna naissance à la tariqa zaroukia.

Il y a lieu de citer également la zaouia Aïssaouia fondée par al-Hadi Ben Aissa, dit Cheikh al-Kamel (mort en 1524) et enterré à Méknes. D'autres tariqa devaient faire leur apparition au cours des siècles suivants dont la youssoufia, la ghazia, la charqaouia, la chaykhia, la nassiria, la wazzania, avant de s'éclipser au cours du 19e siècle pour céder la place à des zaouias tardives: la tijania, la darqaouia et la boutchichia. L'importance de l'ouvrage de Ben Rochd est de fournir une batterie de renseignements précieux sur ces hauts-lieux de la spiritualité et des personnages qui les ont animés. On y trouve également des informations sur de nombreux soufis de renommée universelle, tels Ibn al-Arabi, Abdelkader Ajjilali, Hassan Le Youssi et d'autres. Ben Rochd ne prétend néanmoins pas faire œuvre d'historien dont la démarche est de garder une distance critique, mais celle d'un fidèle qui s'adresse à d'autres fidèles. Ce qui n'enlève rien à la valeur documentaire du livre.

«La prolifération des saints au Maroc à partir du XVe siècle peut être illustrée par deux exemples significatifs : le cas du Cheikh Hadi Ben Ayssa qui, bien qu'étant considéré comme un grand maître (Cheikh al-Kamal), avait beaucoup de mal à trouver des disciples en raison de la vive concurrence qui prévalait entre les cheikhs de son époque. Le deuxième exemple est illustré par le cas du sultan Abdellah Ghalib qui, ayant eu une aspiration spirituelle soudaine, avait du mal à faire son choix parmi la multitude de cheikhs et de saints de son royaume. Il demande alors à l'un de ses conseillers de lui trouver le plus convenable des cheikhs.

Après une sorte de recherche de terrain, le conseiller revient faire au sultan le dénombrement des maîtres qu'il a rencontrés, montrant une admiration particulière pour le cheikh Ahmed Semlali. Le sultan Abdellah Ghalib n'a pas hésité à aller rejoindre ledit cheikh dans sa zaouia, restant trois jours sous son toit et lui demandant d'être accepté comme disciple.»

Par Abdelaziz Mouride

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