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Les marocains

Le secteur informel au Maroc : gangrène ou aubaine ?

AMGE-Caravane - Conférence du 10 février 2009

Réf : 1236

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Intervenants :

M. Richard Walther, expert du Département de la Recherche de l'Agence Française de Développement / Mme Rajaa Mejjati Alami, universitaire, consultante et membre de l’Observatoire National pour le Développement Humain

Modérateurs :

Mohammed Fassi-Fehri, AMGE-Caravane, Saad Berrada, AMGE-Caravane

Partie 1 : Approche globale sur le secteur informel en Afrique

M. Richard Walter est l’auteur d’une étude sur le secteur informel dans 7 pays africains : , Afrique du Sud, Ethiopie, Angola, Sénégal, Cameroun, Bénin

 

Définition du secteur informel, telle qu’énoncée par les statisticiens (1993) :

Le secteur informel est constitué d’unités de production n’ayant pas de comptabilité complète déclarée.

Les spécialistes se divisent entre deux approches :

-          Le secteur informel : ensemble des activités informelles de l’économie

-          L’activité informelle : approche transverse à l’économie, selon la définition du Bureau International du Travail (BIT)

Autres approches du secteur informel :

-          Définition sociale : travail en l’absence de protection sociale : non existence des contrats de travail, non paiement des cotisations

-          Définition fiscale : Non paiement des taxes et impôts

 

Principales caractéristiques :

-          C’est une économie de l’emploi et de la micro-entreprise : en moyenne moins de 10 employés par unité de production en Afrique (moyenne marocaine : 1.5 employés par unité)

-          C’est souvent une économie domestique, voire familiale

-          L’absence de comptabilité rend difficile d’en mesurer la rentabilité, d’évaluer la pérennité de l’activité

-          Toutefois, le secteur informel n’est pas à part, en marge, de l’économie réelle. Il en est partie intégrante.

Pour toutes ces raisons, il faut dynamiser le secteur informel en tant que moyen de lutte contre la pauvreté, et développer les compétences de ceux qui y sont employés.

 

Importance du secteur informel : quelques chiffres clés :

En Afrique du Sud : le secteur informel représente 31% de l’emploi, à quoi il fait ajouter 10% d’activités informelles dans l’emploi formel.

En Afrique subsaharienne, en moyenne, le secteur informel représente entre 60 et 70% de l’emploi et participe à hauteur de 50 à 60% au PIB.

Au Maroc, le secteur informel emploie 39% des emplois urbains et représente 17% du PIB. Toutefois, l’on considère habituellement que 90% de l’emploi dans le secteur agricole et rural est informel, ce qui amène à valoriser bien davantage le secteur informel marocain. L’on estime généralement que l’apport total de l’activité informelle au PIB est de 40%.

Certains secteurs de l’économie sont particulièrement concernés. Dans la construction, par exemple, la plupart des sous-traitants sont informels.

 

Secteur informel et formation :

En Afrique sub-saharienne : 9 jeunes sur 10 sortant d’école passent par l’économie informelle. Pour les personnes possédant un diplôme supérieur, 70% des individus sont concernés.

Au Maroc, on sait qu’un diplômé de l’université met 3 à 4 fois plus de temps à trouver un emploi que la moyenne nationale.

Le secteur informel favorise la déqualification.

Pour éviter cela, il faut que la formation prenne davantage en compte les besoins de l’économie réelle, y compris informelle.

On observe généralement que le passage par des formations adaptées divise par 3 le temps de recherche d’emploi)

 

Rôles du secteur informel

-          Moyen de lutte contre la pauvreté : souvent même de lutte pour la survie

-          Créateur d’entreprises : il concerne 90% des entreprises dans la plupart des pays étudiés

-          Sous-traitant du secteur formel. Et donc moyen de dynamiser le secteur formel, ce qui constitue un apport réel

Toutefois c’est un secteur d’emploi précaire :

Au Maroc : moins de 18% des employés du secteur informel sont salariés (avec contrat d’embauche et déclaration au CNSS). Ce chiffre tombe même à 9% en Ethiopie.

L’informel s’oppose-t-il au formel ? Faudrait-il nécessairement le formaliser, comme l’impliquent la plupart des politiques mises en œuvre à ce jour ? Pas nécessairement, mais il faut le faire migrer vers l’entreprenariat en développant les capacités de création, d’innovation, d’évolution.

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