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Géographie

Ouarzazate : Kasbahs et Ksour du sud-marocain, en quête de nouvelles fonctions.

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Les Ksour, Kasbahs et greniers collectifs du sud marocain recherchent désespérément leur charme d’antan. Leur cadre de vie approprié n’est plus. Leur épargner la ruine totale passe aujourd’hui par la quête de nouvelles fonctions.
 
Une reconversion qui vise à impulser un autre souffle à ces splendides bâtisses. Richesse architecturale certaine, les Kasbahs et Ksour défient l’usure du temps. La reconversion entend créer des fonctions touristiques, socio-éducatives ou culturelles. Un nouveau cadre de vie est offert à ces espaces qui meurent en silence.

“Il fallait accompagner le processus d’éclatement, survenu suite à la rupture des liens qu’entretenaient les hommes avec leur milieu social et naturel”, fait remarquer Mohamed Boussaleh, directeur du Centre d’Etudes de Réhabilitation des Kasbahs du sud et sub-atlasiques (CERKAS), instance chargée de préserver le patrimoine.

Certes, des voix s’élèvent pour dénoncer une certaine dénaturation des sites patrimoniaux. Néanmoins, cette démarche demeure l’une des plus objectives pour la mise en valeur de ces monuments. Seul impératif: harmoniser les deux exigences, de telle manière qu’il n’y ait prédominance de l’une au détriment de l’autre. Mais cet objectif n’est pas pour autant aisé à atteindre. Le chemin des bonnes volontés est parsemé d’obstacles. “Ces sites sont considérés par certains comme une entrave à l’évolution sociale et économique”, explique avec regret le directeur du CERKAS, basé à Ouarzazate.

Aussi, le stéréotype dominant qui établit un line entre statut social et construction en béton armé a fait que beaucoup de familles se sont débarrassées, à la première occasion, de leurs anciennes demeures. Un facteur qui a aggravé l’état des Ksours. La redéfinition du rôle de ces sites est dès lors incontournable. La révision des lois devrait autoriser ce mode de construction d’abord. Ensuite, viendra l’étape de l’inventaire et du classement. En cinquante ans, seules deux monuments ont été classés.

“Revisiter la loi 22-80 suppose entre autres promulguer des décrets d’application, lever l’ambiguïté, bannir les conflits de compétences et stipuler le principe d’utilité publique”, explique Abdelaziz Didi, responsable au sein de l’agence urbaine d’Ouarzazate et Zagora.

En fait, les héritiers des Kasbahs, demeures mono-familiales seigneuriales fascinantes, n’ont souvent pas la même vision quant à l’avenir de leur legs. Le conflit d’intérêt entre les membres d’une même famille provoque davantage de détérioration. Tifoultoute, Amridil et Telouate en sont des exemples concrets.

Et même quand ils réussissent un consensus, (cas d’Amridil à Skoura), les héritiers développent des desseins divers parfois contradictoires ou encore des caprices hétérogènes.

 

De l’agriculture au cinéma et tourisme

Quant aux Ksours, villages communautaires, ils présentent des difficultés d’un autre ordre. Les efforts de leur restauration butent sur des problèmes financiers d’abord. Vient ensuite cette confusion au niveau des compétences. L’adage frise la sagesse: Les tâches à la charge de tous, demeurent non-exécutées.

S’il y a un site qui s’est déjà attaqué à la reconversion, c’est bien le Ksar d’Aït Benhaddou. Ce monument accueille chaque année plus de 200 mille visiteurs. Il ne séduit pas uniquement les touristes, mais aussi les réalisateurs du cinéma international.

Ici, tout le monde trouve son compte. Les uns y voient un repère culturel et architectural, d’autres y découvrent des sites de tournage cinématographique.

A l’instar de Youssef, Houcine et Abdellah, les habitants du douar se sont reconvertis en accompagnateurs, aubergistes, bazaristes, restaurateurs, ou tout simplement comparses.

“Nous nous sommes transformés en acteurs, habillés en vêtements anciens et exécutons les consignes du réalisateur”, raconte Youssef, ancien soldat sur un ton humoristique.

Beaucoup ont réussi leur reconversion. Parmi eux, Houcine Oulkil qui a créé en 2004 une maison d’hôte. Des trois premières chambres, il est passé à une dizaine en 2009. Le rêve ne fait que grandir. La renommée du Ksar est un bon adjuvant. Depuis que l’Unesco a décidé en 1987 de considérer le Ksar Aït Benhaddou patrimoine universel, la bâtisse connaît régulièrement des flux successifs.

Certes, la réhabilitation prévue pour ce site n’a pas encore complètement abouti. Car trop d’intervenants suppose des actions désintégrées et non harmonisées. Mais, la détermination d’aller de l’avant demeure intacte.

Le CERKAS s’est ainsi penché sur un plan de gestion. Un document de référence pour tous les acteurs. Il permettra une sorte de synergie entre les engagements politique et communautaire. Pourquoi ne pas emboîter le pas à Santa FE, ville américaine où la construction en terre reste un art qui fait l’identité. ksour_dades.jpg
 

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