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Association

Le monde associatif plus attractif

actumaroc.com le 16 aout 2009

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Le microcrédit et la lutte contre l’analphabétisme, des domaines qui attirent de plus en plus de jeunes :

Face à un découragement papable envers l’action politique, de plus en plus de Marocains s’engagent dans des associations pour faire avancer les causes qui leur tiennent à cœur, qu’elles soient relatives aux thèmes politiques, économiques ou sociaux.

Ainsi, la volonté d’être militant se traduit par un engagement associatif dans des domaines traditionnellement dépendant d’une impulsion et d’une volonté politique. Que ce soit pour promouvoir l’éducation et l’alphabétisation, faire avancer les droits des femmes, défendre ceux de l’enfant et surtout créer des initiatives économiques de développement, ils préfèrent l’associatif à l’engagement politique.
Un exemple illustratif est le microcrédit. Méthode développée par Muhammad Yunus, qui lui a permis d’obtenir le Prix Nobel de la paix en 2006, l’idée est ici de faciliter l’accès à des prêts minimes dans des zones en sous-développement pour permettre des formes de développement économique. Une méthode qui a fait ses preuves en Asie (tout d’abord au Bangladesh), à travers la Grameen Bank, puis dans la plupart des pays en voie de développement. Au Maroc, celle-ci se réalise principalement par le biais de la Fondation Zakoura (actuellement en cours de fusion avec la Fondation Banque populaire pour le microcrédit (FBPM) pour créer la Fondation Zakoura Chaâbi) et de l’association Al Amana, dans les villes et les campagnes.

Si techniquement ces fondations n’ont pas le statut d’associations et restent des organismes professionnels sans bénévoles, leurs salariés sont motivés par la nature et la fonction de leurs employeurs. Car en oeuvrant pour le développement à travers ces fondations, ils font preuve d’un militantisme social. Les destinataires de ces prêts très faibles (le maximum est fixé à 50.000 dirhams par la loi) sont en effet des individus vivant en dessous du seuil de pauvreté, ne pouvant en aucun cas accéder à d’autres types de crédits, et souhaitant créer des commerces d’artisanat ou de services, souvent dans le cadre de l’économie informelle, très importante au Maroc. Ces activités correspondent donc à des formes d’investissements permettant un développement économique qui permet, lui, à long terme, une avancée sociale. D’où l’intérêt pour les Marocains travaillant dans ces fondations d’allier activité professionnelle et militantisme social. Beaucoup d’entre eux sont des jeunes diplômés en économie, qui acceptent de faibles salaires et des conditions de travail difficiles sur le terrain. Un certain nombre de stagiaires non rémunérés participent également aux activités de microcrédit. Layla, 22 ans, rentre dans cette dernière catégorie, au sein de la FBPM.

Pour elle, la priorité reste le développement et le microcrédit est l’un de ses catalyseurs. Et pour le favoriser, travailler pour ces fondations est plus efficace que s’engager politiquement, toujours d’après elle, confirmant le manque de foi dans le monde politique. Car cette fois-ci, s’engager dans l’associatif au profit du politique n’est pas un phénomène exclusif au Maroc, et est même de plus en plus fréquent dans de nombreux pays. La principale raison est une volonté d’agir vite et efficacement pour œuvrer en faveur du développement et lutter contre l’exclusion, notamment dans les pays développés. Comment, en effet, avoir un véritable effet sur la marche de son pays, donner un sens à sa vie et à son apport à la société, sinon par la voie associative? La voie politique paraît difficile pour les jeunes… Ils sont même nombreux à penser que la politique est construite sur la base de règles pas toujours conformes à l’éthique et entachée par les perpétuelles affaires de corruption et de trafic d’influence. Dans l’imaginaire collectif, les hommes politiques des sociétés contemporaines sont vus, sans céder aux clichés habituels, comme sacrifiant leurs convictions en échange d’un accès à une forme de pouvoir.

Dans de nombreux pays à travers le monde, c’est cette vision-là qui prime sur celle romantique de politiciens au service de la communauté, qui ne présenterait alors pas de différences avec le monde associatif quant à la motivation d’origine. Mais  »alors que le terme services ne fait même plus partie du vocabulaire de la classe politique dans le monde moderne » (il l’était dans la démocratie athénienne, bien qu’il ne correspondait qu’à une formulation rhétorique), il n’est pas étonnant de voir les idéalistes se tourner vers l’associatif plutôt que le politique.
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Conjoncture difficile

Affichant des taux de remboursement au dessus de 95% au niveau mondial, la relative nouveauté du microcrédit au Maroc, dans un contexte de crise économique mondiale, engendre quelques difficultés quant aux activités des fondations du secteur, qui doivent faire face à des problèmes de surendettement chez leurs clients. Des problèmes qui s’expliquent notamment par l’abondance de crédits croisés entre les différentes institutions (près de 50% des clients de la Fondation Banque Populaire pour le Microcrédit avaient par exemple réalisé un emprunt avec une autre fondation en 2008).

En conséquence, le secteur du microcrédit a connu une baisse d’activité l’année dernière, le volume total des prêts plafonnant à un peu plus d’un milliard et demi de dirhams sur l’année 2008 pour la FBPM. Car si la contribution de l’INDH (initiative nationale de développement humain) et le Fond Hassan II pour développement, est restée la même, l’autofinancement apporté par les intérêts a bien évidemment baissé du fait des difficultés de remboursement.

* Journaliste stagiaire
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