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Géographie

Cultures alternatives: Le figuier peut rapporter gros.

Par A.G pour l'Economiste

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Une production de plus de 80.000 tonnes dont 40% séchées,

· Un potentiel encore mal exploité,

· Confiture, gelée, fruits confits… les nouveaux créneaux,

 

Fraîche ou séchée, la figue demeure fort prisée par le consommateur marocain. Une aubaine cette année: elle sera présente sur la table aussi bien fraiche que séchée. Sa pleine production coïncidant avec le mois du Ramadan. Et ce n’est qu’un heureux hasard que ce fruit béni soit disponible en période sacrée. Le Coran le cite en effet dans «Sourate Attine».

 

Probablement originaire du Moyen-Orient, la chronique ancienne rapporte que l’espèce «Ficus Carica L» qui donne la figue a été domestiquée dans plusieurs régions. Mais son berceau demeure le pourtour méditerranéen. Cette espèce a été cultivée par les Phéniciens, les Assyriens, les Egyptiens et les Grecs dans tout le bassin méditerranéen. Il s’agit de la seule espèce cultivée pour ses fruits comestibles car il existe d’autres variétés à usage ornemental. Ficus, signifie «verrue» car le lait du figuier soigne la verrue et Carica fait allusion à une région en Turquie.

 

Selon le docteur Ahmed Oukabli, responsable de l’unité de recherche Amélioration des plantes et conservation des ressources photogéniques au centre régional de l’INRA (Meknès), «le figuier a évolué à travers les âges d’une plante sauvage à un arbre cultivé et très apprécié pour ses valeurs mythiques, religieuses et nutritives». D’une rusticité à toute épreuve, il s’adapte à plusieurs conditions pédoclimatiques. Seulement, son fruit n’est pas suffisamment mis en valeur par l’homme, malgré ses vertus médicinales et l’intérêt socioéconomique qu’il représente.

Richesse du patrimoine génétique



La production mondiale des figues est estimée à un million de tonnes dont près du tiers est produit par la Turquie. Avec une superficie de 44.000 ha, le Maroc produit environ 83.000 tonnes (8% de la production mondiale), soit un rendement moyen de 1,9 tonne/ha. Ce qui reste en deçà du potentiel estimé entre 5 à 6 tonnes/ha. Autrefois, sa culture était limitée aux terrains en pente et en îlots aux abords des habitations selon une conduite traditionnelle. Jusqu’aux années 1960, des paysans de quelques grandes zones de production comme Taounate, Chefchaouen et Ouezzane troquaient les figues séchées contre les céréales du Gharb. Depuis, d’importants progrès ont été réalisés.

 

Selon Oukabli, des travaux entrepris par des chercheurs de l’Institut national de recherche agronomique (INRA) en collaboration avec l’INRA France, ont révélé la richesse du patrimoine génétique national. Ce dernier se distingue par des liens étroits entre les espèces cultivées et celles spontanées. D’où la mise en évidence de la domestication locale de l’espèce. «En effet, l’intérêt du figuier réside dans sa capacité d’adaptation à diverses situations pédoclimatiques et sa facilité de conduite», souligne Oukabli. Il est présent dans des zones montagneuses, côtières et dans les oasis. Il s’adapte aussi à tous les types de sol mais prospère en terre riche en calcaire. Si bien qu’il est capable de capter la moindre humidité grâce à son système racinaire abondant, puissant et ramifié. Par ailleurs, l’arbre répond parfaitement aux apports d’eau et montre une croissance et une production de fruits rapides.

 

Il préfère les zones qui subissent une influence maritime, mais les plaines et les zones montagneuses de moins de 600 m lui conviennent également. Cependant, le figuier craint le froid hivernal et les basses températures. En effet, des températures de -7 à -10 °C détruisent sa végétation en période de dormance et en pleine végétation, une température en deçà de 4°C peut lui causer de sérieux dégâts. Toutefois, le système racina ire, qui n’est détruit qu’à des températures de -17°C, est capable de régénérer l’arbre au printemps suivant.

 

Ainsi présenté, le figuier constitue une culture alternative aux autres spéculations peu rentables et grosses consommatrices d’eau. La production de figues offre, actuellement, une bonne opportunité pour l’exportation à l’état frais (figues fleurs) mais surtout sec. De plus la figue peut être valorisée en confiture, nectar et en fruits confits. Tout récemment, l’INRA a mis au point un nouveau produit: la gelée de figues. Il s’agit d’un produit destiné aux préparations de pâtisseries et de confiseries. Mélangé au chocolat, il sert aussi à tartiner. Toutefois, le séchage demeure de loin le créneau le plus important car il concerne environ 40% de la production. Seulement, des améliorations doivent être apportées aux procédés utilisés.

 

Mais de manière générale, la productivité et la compétitivité du figuier «restent tributaires de l’utilisation de variétés performantes et adaptées aussi bien aux exigences du marché qu’aux procédés de transformation», souligne Oukabli. Sans oublier l’effort à mener au niveau des techniques culturales. Fort heureusement, le Maroc dispose de collections variétales jugées des plus importantes au niveau du bassin méditerranéen.
Elles comportent plus de 220 variétés de figues fleurs (bakor) et figues d’automnes de différentes couleurs, formes et de qualité gustative irréprochable des fruits. Elles sont aussi en mesure de répondre aux attentes des industriels.

Sélectionnées par l’INRA dans le matériel végétal local ou étranger, après des études de comportement et d’évaluation, ces variétés ont été mises à la disposition de pépiniéristes privés, pour multiplication et diffusion auprès des utilisateurs. Les résultats obtenus ont été également valorisés dans des publications scientifiques et techniques disponibles à l’INRA. Une fiche technique Figuier vient d’être éditée et comprend tous les aspects techniques de sa culture.

A. G.
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