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Association

Aicha Ech-Channa reçoit le Prix Opus : Un million de dollars pour améliorer la condition des mères célibataires.

libe.ma

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Ce jeudi matin, les permanents de l'Association de Solidarité féminine sont groggy. Pour eux, la nuit a été longue, très longue. C'est à 4 heures du matin qu'ils ont appris, presque en direct, que leur présidente, Aïcha Ech-Channa, a reçu le prix Opus, une distinction américaine dotée d'un million de dollars et qui récompense une entreprise humanitaire qui vise à changer les conditions de vie de citoyens. 

 

« C'est une immense reconnaissance et une victoire non seulement pour l'association mais pour notre pays », nous déclarait au téléphone un activiste de Solidarité féminine, qui depuis les premières heures de la matinée s'est transformé en standard pour répondre aux nombreuses sollicitations de la presse. « Mme Ech-Channa n'est pas là, elle est bien sûr aux Etats-Unis, il faut tout gérer en attendant qu'elle rentre vers le 11 novembre ».

 

A Casablanca, aux alentours de midi, les visiteurs ont afflué au siège de l'association. « Etre ensemble pour partager un vrai bonheur, une reconnaissance mondiale ». Ce 5 novembre, les bloggueurs n'ont pas fini d'échanger leurs sentiments de bonheur et d'adresser leurs félicitations à la récipiendaire de l'Opus Prize. "Qui aurait dit qu'une dame d'une telle simplicité arrive à un si haut niveau mondial, avec sa volonté et son humilité comme armes ?"  , " N'est-elle pas LE VRAI exemple pour tous les Marocains ? ", "Le Maroc donnera toujours naissance à des hommes et des femmes de ce calibre ", "Aicha Ech-Channa, comme tu as porté le nom du Maroc aussi haut, nous ne pouvons qu'être reconnaissants, et que Dieu te préserve pour ce beau pays", pouvait-on lire dans ces messages diffusés tout au long de la journée par la communauté des internautes. 

 

On s'en souvient,  Aïcha Ech-Channa a été sélectionnée comme finaliste - aux côtés de la  Sœur Valeriana Garcia-Martin qui s'occupe des enfants handicapés en Colombie  et le Père Hans Stapel qui gère, au Brésil, une soixantaine de centres de réhabilitation des toxicomanes- du Prix Opus que décerne tous les ans la Fondation américaine « Opus Prize » Une victoire pour Solidarité féminine, cette association créée en 1985 et depuis sans cesse fustigée par les conservateurs de tous poils, et qui est au plus près de ces filles mères, exclues parmi les exclues. Recueillir ces jeunes femmes et leurs nouveaux nés, leur assurer une formation (couture, cuisine, esthétique, secrétariat…) et une indépendance financière, tel est le combat au quotidien de Aïcha Ech-Channa et son équipe qui tous les ans prennent en charge 50 mères célibataires et leurs enfants. 

 

Une aide financière en plus de la prise en charge d'une partie du loyer de la mère célibataire sont assurées par Solidarité féminine qui est de plus en plus visible dans l'espace public. Des kiosques à proximité des hôpitaux, un traiteur, un centre de remise en forme sont autant de projets qui font travailler les filles-mères et  montés par l'association.

La voix des sans voix agit dans un environnement hostile

Malgré toutes les accusations et autres injures -des injures proférées y compris sous la coupole du Parlement- la présidente fondatrice de cette association qui a longtemps agi dans un environnement hostile n'a jamais baissé les bras. " Je ne pense qu'au bien-être de ces enfants qui n'ont que leur mère. Ils ne se sont coupables de rien. Personne n'a le droit de les punir, à vie ", a coutume de répondre A. Ech-Chenna.
Voix des sans voix, Aicha Ech-Channa, la présidente-fondatrice de l'association Solidarité féminine, a très jeune découvert la détresse des autres. A 17 ans, alors qu'elle est secrétaire médicale à la Ligue marocaine contre la tuberculose, elle découvre des réalités amères, difficiles, douloureuses.  Elle en tire un premier enseignement dont elle fera un sacerdoce : agir et vite.

 

Cette native de Casablanca,  en 1941, infirmière de formation, a été l'une des toutes premières assistances sociales marocaines de l'après-indépendance.
Est-ce par déformation professionnelle ou cette incapacité chronique à se taire face aux injustices ? Aïcha Ech-Channa plonge dans l'action humanitaire, l'engagement chevillé au corps. Activiste sans vraiment le savoir, elle est là où les exclus, les marginaux, les sans parole sont là. Son combat dure depuis 50 ans et son enthousiasme n'a pas pris une ride.
Mme Ech-Channa  brise les tabous, n'hésite pas à s'exposer ni à prendre des risques à une époque où il ne faisait pas bon de dénoncer au Maroc. Les mères célibataires, les petites bonnes, les enfants abandonnés, nés sous X et  sans droit à une identité, les violences faites aux femmes, l'inceste, ce sont là autant de causes que la présidente de Solidarité féminine a défendues, souvent dans la plus grande des solitudes.

 

Son parcours est aujourd'hui reconnu, et plus encore son combat contre les mentalités rétives et les comportements conservateurs. Des prix sont venus récompenser son action : le Prix des Droits de l'Homme de la République Française, la   médaille d'honneur de Sa Majesté le Roi Mohammed VI et le trophée de la jeunesse du 3ème millénaire, le  Trophée de la Solidarité …
L'action, le courage mais aussi la ténacité de cette mère courage ont été reconnus à l'international. La directrice exécutive de la Fondation Opus Prize ne s'y est pas trompée.

"Le Prix Opus récompense des individus dont l'action et l'histoire peuvent nous inspirer pour faire face aux problèmes les plus profonds que connaît le monde ", a-t-elle déclaré lors de la cérémonie de remise du prix. Exactement l'histoire d'une vie, celle de la présidente fondatrice de Solidarité féminine.
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