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Les marocains

Réhabilitation des mosquées, Les architectes appellent à une sauvegarde du patrimoine architectural religieux

Ana Lopes, aufaitmaroc.com

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Suite à la série d'effondrements de mosquées dans plusieurs villes du Royaume, une expertise urgente avait été ordonnée suivie d'une vaste opération de restauration et de réhabilitation de ces lieux de culte. Cinq mois après, les architectes montent au créneau pour dénoncer la précipitation avec laquelle les autorités s'y mettent au détriment de notre patrimoine architectural.

Le 19 février 2010, l'effondrement du minaret de la mosquée Lalla Khenata dans le vieux quartier de Bab Berdieyinne de Meknès, en pleine prière du vendredi, avait causé la mort de 41 personnes et fait 76 blessés. La plus dramatique catastrophe du genre que le Maroc ait jamais connue.

En mars de la même année, alors que le roi Mohammed VI venait à peine d'ordonner une “expertise urgente” de toutes les anciennes mosquées du Royaume, un ouvrier était tué et trois autres gravement blessés dans l'effondrement de la coupole d'une mosquée à Nador.

Plus récemment, le 10 septembre dernier, le toit de l'ancienne mosquée de Kariat Al-Jamâa à Sbata, relevant de la préfecture d'arrondissement de Ben Msik à Casablanca, s'est effondré, faisant trois blessés.

En mai, une vaste opération de restauration et de réhabilitation avait été lancée dans l'ensemble du territoire avec un budget substantiel de 2,7 milliards de Dh. Ainsi, environ 20.000 lieux de culte ont été “audités” en l'espace de trois mois. “Trop court pour réaliser un chantier aussi énorme si on veut prendre en considération tous les aspects de la problématique”, selon l'Ordre national des architectes.

Quand l'urgence se transforme en précipitation

Dans un communiqué parvenu lundi à notre rédaction, les architectes membres de l'Ordre national estiment que “l’action de diagnostic et de traitement des lieux de culte, sans toujours recourir à tous les moyens humains, techniques et conceptuels appropriés, risque de mener à terme à la perte irréversible d’un patrimoine architectural religieux marocain, porteur de qualités esthétiques, culturelles et historiques exceptionnelles”.

“Bien sûr, la stabilité des ouvrages et la sécurité des personnes sont prioritaires mais elles ne sont pas incompatibles avec la préservation de notre riche patrimoine architectural religieux, rural et urbain qui traduit par ailleurs la spécificité historique d’un islam marocain dont chaque région du Royaume peut encore témoigner”, lit-on dans ledit communiqué.

 

1256
Depuis le lancement de l'opération de restauration et de réhabilitation lancée en mai, 1.256 mosquées ont été fermées et 417 lieux de culte alternatifs ont été aménagés, selon le ministère des Habous et des affaires islamiques.

Les autorités confondent-elles urgence et précipitation? A en croire les experts, oui. “Elles sont effectivement allées trop vite en besogne, ce qui risque malheureusement de condamner notre patrimoine architectural religieux”, nous confie sous couvert d'anonymat, l'un des plus grands architectes du pays.

“Le constat se fait par un comité technique local sans instruments d'évaluation, à la va-vite et sans connaissance des règles de l'art inhérentes à la terre ou à la pierre, ce qui est regrettable parce que cette démarche n'est pas efficace”, poursuit notre source.

“Ce n'est nullement une question de susceptibilité. Mais il faudrait comprendre que c'est un patrimoine considérable qui est menacé et qui risque de disparaître à tout jamais. C'est comme si vous ôtiez à la France sa célèbre Cathédrale de Paris. Il faut non seulement préserver des vies, mais aussi préserver notre patrimoine. Nous proposons notre aide parce que nous estimons que nous avons de l'expérience et que notre expertise pourrait être fondamentale dans cette question de restauration et de réhabilitation.”

Un membre de l'Ordre national des architectes ayant également requis l'anonymat

Dans ce sens, les architectes du Royaume, à travers leurs différentes instances, “réitèrent leur disposition à coopérer avec les administrations et les départements ministériels concernés pour apporter leur contribution à la préservation de notre précieux patrimoine religieux national”, conclut le communiqué.

Précisons que pour l'heure, aucune mosquée n'a été détruite à notre connaissance mais le ministère en charge de ce dossier est en train d'établir un cahier de charges pour lancer les appels d'offres et entamer la démolition des mosquées dites “menaçant ruine”.

Ana Lopes
source : aufaitmaroc.com

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