onglet_artsouk onglet_artsouk

 

bobine2c.jpg

Les marocains

Izza Genini : La passion contagieuse

Farida AYARI

Réf : 189

Visites : 10098

Février 1979. Aéroport de Roissy. Nous sommes un certain nombre de cinéastes, producteurs et critiques à attendre l'embarquement pour le vol d'UTA en direction de Ouagadougou. Parmi nous, Izza Genini, une femme que je n'ai plus perdue de vue depuis ce FESPACO 79, alors affaire de famille pour une poignée de passionnés du cinéma arabe et africain.

Le pays des hommes intègres, Burkina Faso, était alors tout simplement Haute Volta, dénomination géographique héritée de la coloniale. Les projections avaient lieue en plein air, le déroulement  des bobines couvrait la bande son,  les images défilaient dans un flou artistique et aux cris des professionnels qui réclamaient " le point ! " faisaient échos les expressions savoureuses des ouagalais avides de leur  reflet : " On veut goûter l'image ! On veut goûter le son ! "

Izza faisait son entrée dans la grande famille du cinéma africain avec un poulain de choix : " Alyam, Alyam ", le premier long métrage d'Ahmed El Maânouni. Avec énergie et générosité, Izza, se contentait à l'époque de promouvoir, de vendre et de distribuer les films des autres. Les films des cinéastes marocains comme El Maânouni et son ami de toujours, Souheil Ben Barka.

Quelques années auparavant, elle avait effectué son retour aux sources, dans ce Maroc qu'elle avait quitté à dix-sept ans. Une révélation et une passion qui inspireront le parcours artistique   d'Izza Genini : de la gestion du Club 70, salle de projection privée, mais aussi lieu de fêtes mémorables autour de films musicaux, jusqu'à la réalisation d'une œuvre titanesque : " Maroc corps et âme ",  une encyclopédie filmée de toutes les musiques marocaines.

Au début des années 80, le concept de World Music est balbutiant. Mais avec Izza , je découvre Nass El Ghiwane, Jil Jalala et d'autres groupes marocains qui avaient déjà compris que l'avenir était au métissage, à la fusion. Les rythmes des Gnawas qui inspirent les Nass El Ghiwane sous l'impulsion de Tayeb Seddiki- ce fils d'Essaouira, bercé depuis le biberon aux sons des guembri et des crotales, devenu homme de théâtre, fut le premier à intégrer dans ses mises en scène ces rythmes des confins de l'Afrique noire- n'émeuvent que quelques initiés et les immigrés des banlieues.

Avec Izza, nous courrons de Saint Denis à Gennevilliers, de Corbeil à La Courneuve, pistant les Nass El Ghiwane de concerts en concerts, souvent financés par des associations maghrébines. Les grands promoteurs ne sont pas encore sur le coup.


Un matin de 81, Izza m'annonce : " Je vais produire un film sur les Nass El Ghiwane et Maânouni va le réaliser ! " Un pari fou sur un groupe confiné aux ghettos maghrébins des grandes villes de France et à " Mosaïques " l'émission du dimanche matin sur la 3.


C'est ainsi que " Transes " est né. Le seul et unique film musical du Maghreb. 
L'apothéose de " Transes " est le concert de Carthage, dans l'amphithéâtre romain,  où une dizaine de milliers de jeunes tunisiens exprimaient leur bonheur à l'unisson des musiciens
.

" L'effet mode " du tout premier festival de Gnawas d'Essaouira devrait faire bénéficier 'Transes' d'une nouvelle carrière.
Il aura fallu sept ans de gestation pour qu'Izza éprouve le besoin de s'exprimer par elle-même.

En 1988, elle décide de passer à la réalisation. Véritable artisane, pourvue du bon sens hérité de son père, grainetier qui sillonnait le Maroc de souk en souk, Izza fait tout par elle-même.

Retrouvez et offrez-vous, dans la boutique en ligne, toutes les vidéos et DVD d'Izza Genini

Artsouk

transe.jpg

ArtSouk, Promotion du Patrimoine, de la Culture et de l'Artisanat Marocain
Siret : 451 157 200 - CNIL 881676 Copyright ArtSouk 2011
Mentions légales Contactez-nous Paiements sécurisés