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Histoire

Patrimoine mondial de l'humanité

Abdoulaye Elimane Kane

Réf : 527

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L’apparition de la notion de patrimoine mondial de l’Humanité historiquement datée résulte de la prise de conscience de la nécessité d’une solidarité internationale après les deux guerres mondiales, notamment la dernière.

Quelques repères
attestent de cette corrélation :

1945 : Adoption de la Convention pour la protection en cas de conflit armé (Convention de La Haye)

1972 : Adoption de la Convention pour la protection du patrimoine mondial et naturel
1994 : Extension de la Convention au patrimoine immatériel.

La construction du patrimoine mondial de l'Humanité est la marque d’une volonté et d’une attitude nouvelle et positive à l’égard du passé. Il convient de noter d’abord que ce patrimoine est à construire et que les éléments ou les agrégats de témoins matériels identifiés sous le vocable de patrimoine n’en font pas encore une entité reconnue universellement et partagée par toutes les civilisations et les cultures qui constituent l'Humanité d’aujourd’hui. On assiste là à une volonté de construire un futur de solidarité en régénérant le passé.

L’extension de la notion de patrimoine à l’immatériel est un progrès qui marque la reconnaissance de l’héritage et des pratiques d’autres régions du monde et d’autres civilisations hors du monde occidental. De ce fait, notre époque instruite par les crises de civilisation, et s’engageant dans la construction du patrimoine de l'Humanité, opère une évolution notable pour la réalisation de l'Humanité non amputée de certaines de ses composantes et de certaines de ses valeurs.

S’agissant plus particulièrement du processus d’émancipation du patrimoine africain, l’on notera que le mouvement qui l’a porté au stade où il se trouve aujourd’hui dans les relations internationales est la résultante de différents facteurs.

Au niveau des sociétés africaines et plus précisément des terroirs, en dépit des violences de la colonisation et des idéologies d’assimilation, les peuples d’Afrique ont fait face à leur environnement à travers des pratiques et des traditions, des langues, des religions et des croyances longtemps présentées dans certaines littératures ethnographiques comme des formes de conservatisme rétrograde. Nous avons eu là un premier niveau de résistance à l’ordre colonial et d’autres influences idéologiques, celle de l’arabisation par exemple.

Le combat permanent des Intellectuels, des femmes et hommes de culture en Afrique, en Europe et dans la diaspora, en Amérique et dans la Caraïbe, à côté des luttes de même nature menée par les intellectuels arabes et berbères du continent et d’ailleurs, ont constitué des jalons significatifs voire décisifs vers l’émancipation politique par le moyen de la revendication culturelle et du droit à la différence et à la liberté.

Il faut du reste rendre hommage à ces nombreux pionniers et aux africanistes du monde occidental qui, à travers la création de revues, de maisons d’édition ou de collections et en produisant une littérature de protestation et de revendication, ont fait prendre conscience de la nécessité et de la valeur de l'enracinement culturel.

Si les mythes, la spiritualité, les rites, les sites naturels et les ensembles historiques que sont, entre autres, les routes et les itinéraires qui ont rendu possible des brassages de populations et la construction de civilisations de grande renommée sont perçus sous un jour nouveau et reconnus comme expression de la diversité culturelle de l'Humanité, on le doit à ces pionniers et aux populations qui n’ont jamais cessé de choisir l’enracinement et de montrer que ce qui pouvait apparaître aux yeux du monde occidental comme conservatisme rétrograde était pour eux conservatisme de nécessité.

La convention de 1994 atteste de toute cette dimension et de cette complexité historique. En enrichissant le patrimoine mondial par l’intégration de sa composante immatérielle, elle associe le banal au monumental, l’oral à l’écrit, le profane au sacré, le traditionnel au moderne, les valeurs occidentales et les valeurs des autres civilisations.

Ces pratiques d’émancipation, par leur complexité même, laissent apparaître dans leur mouvement un lien vital entre diversité et conflictualité. Les binômes énumérés plus haut porte déjà la marque de conflits d’identité ou de conflits d’intérêt, toutes choses qui rendent raison en définitive du fait que si l'Humanité doit être inventée et construite, cela ne pourra se faire que selon une reconnaissance mutuelle et l'égalité devant la différence.

Il ne s’agit pas seulement de montrer par ce biais que le banal, le spirituel, l’oral, le sacré, le traditionnel sont en conflit d’existence et de survie par rapport au monumental, au matériel, à l’écrit, au profane et au moderne dans une sorte de partage où l’Occident porterait l’Ethos général du second groupe de termes, alors que les autres civilisations, l’Afrique en particulier, représenteraient un modèle pour le premier groupe de termes.

Les choses sont moins simples.
On peut le vérifier à travers le constat suivant : la reconnaissance du patrimoine immatériel coïncide avec un certain " malaise dans la civilisation " technicienne, industrielle, capitaliste ; celle de la logique du rendement, des mégalopoles, de la destruction de la nature et des menaces qui planent sur les systèmes de solidarité. Et cela prouve que les conflits d’identité ne se situent pas seulement dans les relations de civilisation à civilisation, de culture à culture, mais qu’au contraire, au sein de la civilisation occidentale, ils se manifestent effectivement sous des formes non immédiatement perceptibles.

Face aux nouvelles contradictions à venir, il faut plus que jamais créer les contre-tendances aptes à juguler le péril. C'est pourquoi les Etats, les organismes de coopération multilatérale, la société civile, doivent inventer et mettre en œuvre des pratiques de résistance pour le respect de l’émancipation des identités ouvertes dans la diversité et le pluralisme des patrimoines.

Abdoulaye Elimane Kane  
source:
http://www.mondialisations.org/
 

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http://whc.unesco.org/archive/whmap_2003_fr.pdf
Auteur Centre du patrimoine mondial
Editeur UNESCO WHC
Périodicité Annuel

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