onglet_artsouk onglet_artsouk

 

artstradimar.jpg

Les marocains

L'art de vivre marocain

Textes de Mohamed Sijelmassi

Réf : 758

Visites : 8089

L’art de vivre marocain est la synthèse de multiples apports des différentes populations qui sont passées par le pays ou qui s’y sont installées. C’est le fruit d’un patrimoine qui s’est constitué au fil du temps, qui s’est transmis de génération en génération et qui a fini par donner lieu à des manières de vivre, des styles, des arts et des métiers.

C’est d’une telle source que la personnalité et le génie marocains puisent leurs traits fondamentaux.

Le style de vie marocain prend des formes différentes suivant la diversité des environnements naturels et humains qui caractérisent le pays. Il s’exprime dans les arts musicaux, chorégraphiques ou plastiques, dans les chants, la littérature ou la religion. Il s’incarne aussi dans l’architecture, dans les objets de la vie quotidienne, les vêtements, dans les postures et les gestes des hommes et des femmes, dans les divers instants de leur vie.


La cérémonie du thé
Après les dattes et le lait, le thé est l’une des constantes incontournables des traditions d’accueil et de savoir-vivre au Maroc.

Le thé, en feuilles ou en poudre, est importé de Chine depuis son adoption par les Marocains. Ce sont les négociants anglais qui l’y ont introduit, vers le milieu du XIXe siècle, par Tanger et Essaouira.

Le cérémonial du thé varie selon les régions, la qualité du visiteur et les moyens de l’hôte. Il est réglé, dans chaque famille, par un préposé réputé pour la qualité de sa préparation, laquelle nécessite du thé, du sucre en pain (cône enveloppé dans du papier violet) et de la menthe fraîche.
La cérémonie du thé est rythmée par les trois principaux repas de la journée, les poses du milieu de matinée et de fin d’après-midi. Selon le moment de la journée, le thé peut être plus ou moins fort, additionné ou non de menthe.

Dans certaines familles, des aromates sont ajoutés dans la théière : sauge et basilic en été ; absinthe et ambre gris en hiver ; fleurs d’oranger ou de bigaradier, verveine, marjolaine au printemps ; lavande et anis à Essaouira et même du safran dans la région de Taliouine au sud.

La cuisine marocaine
La cuisine marocaine, raffinée, riche et variée, occupe une place de choix dans la gastronomie mondiale et va de pair avec la légendaire hospitalité, la convivialité et le savoir-vivre de ce pays. Certaines villes telles que Fès, Meknès, Tétouan, Marrakech ou Rabat sont, plus que d’autres, les hauts lieux de cette tradition.

On y cuisine de très nombreuses variétés de mets dont le couscous et le méchoui restent les plus connus en Occident où ils ont depuis longtemps été adopté et où ils font désormais partie de ses traditions culinaires.
Le couscous, le plat le plus représentatif de la cuisine marocaine, est présent dans de nombreuses cérémonies religieuses et familiales et couronne tout bon repas. Dans la majorité des familles, on le prépare pour le déjeuner du vendredi, jour de recueillement et de prière collective ; ce qui permet d’en offrir aux nécessiteux du quartier.

Le méchoui, la pastilla, le kebab et le poulet au citron sont, sans conteste, des fleurons de l’art culinaire marocain. On ne saurait non plus passer sous silence les nombreuses et savoureuses recettes de tajines de viandes, poissons, volailles et les légumes farcis.
Enfin, un repas ne saurait être complet s’il n’était suivi du délicieux thé à la menthe, devenu partie intégrante du savoir-vivre des Marocains.


Cheval et fantasia
La fantasia est une fête au cours de laquelle des cavaliers, sur des chevaux richement harnachés, lancent leur monture au galop en criant et en déchargeant leur baroud pour s’arrêter net dans un nuage de poussière.
La fantasia est l’un des temps forts des fêtes populaires et des moussem et peut être considérée comme l’équivalent du feu d’artifice moderne.

C’est une survivance, sous forme pacifique, des assauts du passé guerrier des Marocains.
Le cheval le plus répandu au Maroc est de race barbe, qui, quoique présentant une morphologie différente de celle du cheval arabe, a de nombreux traits communs avec lui. Connu depuis l’Antiquité, le cheval marocain a subi de nombreux croisements, avant de se stabiliser depuis un siècle environ.

Le cheval antique de race locale a été croisé avec différentes races : d’abord le cheval méditerranéen, puis celui des conquérants arabes au VIIIe siècle, plus près de nous, le cheval européen (qui a transité par l’Algérie au XIXe siècle après la conquête française) et enfin le cheval anglais. Le barbe possède des qualités de résistance, et s’avère très rapide sur de courtes distances. Il peut s’arrêter et changer de direction dans des temps très courts, ce qui lui permet d’être le cheval idéal pour les courses et les fantasias.

La fantasia, art martial, était exercée chez les Arabes avant qu’ils ne connaissent la poudre. Elle était pratiquée à l’arc, au javelot, à l’arbalète... et constituait un très bon exercice militaire pour les combats à cheval. Aujourd’hui, elle est quasiment indissociable des cérémonies et des fêtes en plein air au Maroc.


Le Moussem
Le moussem est une manifestation périodique, mensuelle ou annuelle, qui a lieu en plein air dans une sorte de foire ou de kermesse. On y rencontre des marchands de bétail et de grain, des amateurs de chants, de danse et de fantasia et l’on peut également assister aux spectacles des troupes locales.

Le moussem d’Imil Chil (ou moussem des fiancés) a lieu la 4e semaine du mois de septembre, dans un petit village du Haut Atlas situé à 2 500 mètres d’altitude.

Le moussem de Moulay Idriss a lieu vers la fin août dans la localité de Moulay Idriss du Zerhoun, située à proximité de Volubilis.  À cette occasion, la housse du catafalque d’Idriss Ier – premier roi musulman du Maroc – est renouvelée grâce aux dons des corporations et des notables. Des prières ont lieu jusqu’à l’aube et des processions se succèdent tout au long de la journée.

D’autres moussem ont lieu à différentes époques de l’année : moussem de Tan-Tan, moussem de Goulimine, moussem de Sidi Ahmed ou moussa, moussem de tiznit, moussem de Moulay Abdallah (El Jadida)...


Tatouage au henné et harkous
Les motifs du tatouage sont considérés comme des éléments plastiques destinés à embellir le corps féminin.
Ils sont formés de figures géométriques (carrés, losanges, points, parfois rectangles) gravés sur le corps. On peut également retrouver ces figures sur des objets familiers, fabriqués par les artisans ruraux.

Les traits qui les constituent sont simples ou en zigzag, se coupant en croisillons ou formant des motifs abstraits. Ils sont disposés de manière asymétrique sur le corps, au niveau du visage, des mains, des bras, du thorax, du bas-ventre, des faces internes des cuisses et des pieds.
Ils sont semblables aux principaux motifs utilisés dans la décoration des arts populaires ruraux. On les retrouve tissés dans les tapis, brodés dans les tissus féminins, peints sur les cuirs et les poteries ou encore gravés dans le bois des coffres et des portes des casbahs.
Les signes des tatouages ont une signification symbolique et peuvent être classés en 4 groupes :

•  Tatouage décoratif (en majorité)
•  Tatouage en signe d’appartenance à un groupe social
•  Tatouage charme d’amour et parure
•  Tatouage à pouvoir magique et à signification mystique

Les tatouages à base de henné sont éphémères et ne durent que quelques jours, les motifs s’effaçant progressivement. Le henné est un colorant que l’on dépose sur la peau.
Les tatouages à base de harkous sont, par contre, indélébiles. Le harkous est extrait d’un minerai produisant un colorant indélébile, que l’on l’applique directement dans la peau.
Ces tatouages peuvent être appliqués sur le visage, les mains et les pieds à l’occasion de fêtes et de cérémonies familiales.

Réalisés à partir de colorants naturels, ils étaient précédemment dessinés au moyen d’un morceau de bois effilé tandis qu’aujourd’hui, ils sont pratiqués à l’aide de piqûres.


Le Hammam
Le hammam, lieu de communion du corps et de l’eau, est devenu symbole de purification dans les pays islamiques. Au Maroc, on peut considérer que près de 90 % de la population fréquente le hammam public plusieurs fois par mois.

L’agencement et les éléments constitutifs du hammam sont identiques à ceux des thermes romains qui lui ont donné naissance et qui sont, eux-mêmes, descendants des thermes grecs, rapportés depuis la Perse par Alexandre le Grand.

Le hammam est composé d’une salle de déshabillage et de repos (apodyterium) appelée guelsa, d’une pièce froide beït el bared (frigidarium), d’une salle intermédiaire (ou tiède) beït al oustani (tepidarium) et d’une pièce chaude (ou étuve) beït eskhroun (caldarium).
Les hammams au Maroc sont caractérisés par la sobriété de leur décor, contrairement à ceux d’Algérie, de Tunisie, de Turquie et d’Orient. Tout un cérémonial est pratiqué par les femmes qui se rendent au hammam, notamment lors de la cérémonie traditionnelle avant le mariage.

Divers ingrédients naturels sont employés pour les soins corporels dont le ghassoul est le plus répandu. Il s’agit d’une argile pure, mélangée à des clous de girofles et à de l’eau de rose, que l’on utilise comme shampooing.


La femme
La civilisation islamique a mis les femmes dans un retrait apparent. Qu’en est-il au Maroc de cette idée largement répandue ?

C’est une femme qui a construit à Fès Al Qaraouiyyine, l’une des plus anciennes universités du monde. De nombreuses femmes jouèrent un grand rôle dans l’Empire almoravide ou dans le Djihad contre les Espagnols et les Portugais, et plus près de nous, dans la lutte pour l’indépendance du Maroc.
L’avènement de l’islam est une grande révolution culturelle et civilisationnelle au Maroc. L’Afrique noire a aussi exercé une influence non négligeable, car les femmes noires, en devenant esclaves, n’étaient pas moins mères avec tout le poids social et éducatif que cela comporte.

Si le modèle occidental a propulsé nombre d’individus dans le modernisme, il a transformé la condition de la femme en lui fournissant des modèles dont elle s’est inspirée tout en sauvegardant certaines de ses traditions, aboutissant ainsi à un changement radical et harmonieux de la société marocaine.
Récemment la Moudouwana (ensemble de lois régissant le statut de la femme) a été amendée accordant des droits importants aux femmes qui ne peuvent plus être répudiées en leur absence. Elles peuvent devenir tutrices de leurs enfants et refuser la polygamie de leur mari.

Traditionnellement, les femmes de condition modeste exerçaient des métiers peu valorisants, tandis que les autres ne travaillaient pas à l’extérieur. Aujourd’hui, tout en ayant gardé leur rôle prééminent dans le cercle familial, les Marocaines sont partout présentes et conquièrent le territoire extérieur dans ses moindres espaces.

Religion, rites et cérémonies
En quatorze siècles, l’islam a imprégné la vie spirituelle et cultuelle des Marocains. Les cinq prières quotidiennes, la prière collective du vendredi, les fêtes religieuses et l’ambiance festive et sacrée du moins de ramadan, sont autant de moments dans lesquels la religion rythme la vie des marocains. De même, les institutions religieuses comme la mosquée, la zaouïa, le mausolée ou l’école coranique, sont des points de repère dans l’espace urbain marocain.

Terre de tolérance et de brassage culturel à travers les siècles, le Maroc fut et reste un haut lieu de cohabitation sereine des différentes traditions monothéistes (judaïsme, christianisme et islam). Ainsi, dans le monde rural, le culte des saints et les cérémonies (moussem) qui s’y rattachent, constituent des pratiques religieuses et sociales très répandues aussi bien chez les musulmans que chez les juifs marocains.

Textes de Mohamed Sijelmassi.
main2.jpg
 

ArtSouk, Promotion du Patrimoine, de la Culture et de l'Artisanat Marocain
Siret : 451 157 200 - CNIL 881676 Copyright ArtSouk 2011
Mentions légales Contactez-nous Paiements sécurisés