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Actualités

Les associations au Maroc

M.sijelmassi

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Habituée à se prendre en charge, la société marocaine précoloniale a développé d’anciennes traditions associatives. En effet, dans les villes comme dans les campagnes, des groupements s’organisaient par référence au droit musulman (shra’ ) ou au droit coutumier berbère, pour mener des actions collectives dans divers domaines: agriculture, élevage, irrigation, stockage et conservation des denrées alimentaires, éducation ou enseignement religieux.

Beaucoup de ces traditions restent toujours vivaces, notamment dans le monde rural; le choc du protectorat et le processus de modernisation contemporain ont provoqué le retrait progressif des vieilles formes de sociabilité spontanée. Le vide laissé par la désagrégation des structures sociales traditionnelles n’a pas été totalement comblé, mais les associations de type moderne progressent rapidement depuis l’indépendance, et surtout depuis le début des années80. Le premier texte de loi organisant l’activité associative remonte à 1914 lorsque le résident général Lyautey promulgua un dahir soumettant la création des associations à l’autorisation du gouvernement chérifien.

De nombreuses associations de scoutisme, d’activités caritatives,
sportives, théâtrales et culturelles en général ont vu le jour à partir des années 20.

Certaines parmi ces associations deviendront, dans les années40, des pépinières de militants et d’activistes politiques au sein du mouvement national. Au lendemain de l’indépendance, la liberté d’association a été consacrée dans une visée libérale très ouverte. Elle a été organisée par le dahir du 15 novembre 1958 auquel ont été apportées des modifications en 1973 et qui a, de fait, perdu une partie de son libéralisme. Selon une étude réalisée en 1987 à partir des dossiers déposés par les associations auprès du ministère de l’Intérieur, il y avait au Maroc 17698 associations. Cependant, ce chiffre doit être revu à la hausse non seulement parce qu’il n’a pas inclus les associations professionnelles fort nombreuses, mais aussi en fonction de l’essor extraordinaire qu’a connu le mouvement associatif dans les années90. Le mouvement associatif marocain est riche et diversifié, et reflète en cela la nouvelle dynamique de la société civile qui tente dans plusieurs domaines de suppléer les insuffisances de l’État et de profiter de l’ouverture politique entamée depuis la fin des années80 pour s’affirmer comme un acteur majeur.

Le
tissu associatif offre aujourd’hui plusieurs types d’associations dont notamment : Les associations culturelles, artistiques et éducatives. C’est le type d’associations le plus important quantitativement. Elles relèvent dans leur majorité de la première génération d’associations qui sont nées au lendemain de l’indépendance. Certaines couvrent l’ensemble du territoire national, mais la plupart se contentent d’avoir une activité continue ou épisodique au niveau d’une ville, d’un quartier ou au sein d’une maison de jeunes. L’apparition récente d’associations à caractère religieux, ou encore celle d’associations axées sur la défense de la langue et de la culture amazighe, ne remet pas en question les caractéristiques dominantes de ces organisations. Elles ont des objectifs concentrés essentiellement sur le sport, l’éducation artistique et, surtout, le théâtre. Les associations professionnelles Exceptés les syndicats et certaines associations professionnelles spécifiques, les associations à caractère professionnel sont réglementées par le dahir de 1958.

Elles sont nombreuses et couvrent tous les domaines de l’activité industrielle et commerciale ainsi que les services et les professions libérales (médecine, pharmacie, architecture, magistrature, etc.). Elles sont de deux types: celles dont l’activité se limite à la gestion et à la coordination de leur secteur, et celles dont l’activité et le rayonnement débordent leur champ professionnel telles les associations d’avocats et de juristes menant des actions en faveur des droits de l’homme. À partir de 1990 sont apparues de nouvelles associations dont l’ambition est de promouvoir les entreprises, petites ou moyennes, et plus particulièrement celles dirigées par des jeunes ou des femmes.

L’Association marocaine pour la
promotion de l’entreprise féminine, créée en 1991, ou l’Association des femmes chefs d’entreprises, créée en 2000, sont une illustration de cette nouvelle génération d’associations adaptée aux orientations de la politique économique marocaine marquée par l’affirmation du choix libéral et l’ouverture sur le marché mondial. L’association Zakoura, fondée en 1995, disposant d’un savoir-faire et porteuse d’un petit projet, a choisi de son côté le soutien financier des personnes pauvres. Outre le microcrédit, Zakoura mène une intense activité dans le domaine de l’alphabétisation fonctionnelle, de l’éducation non formelle et du développement intégré des douars.

Les associations régionales. Depuis la dernière réforme
constitutionnelle (1996), la région est devenue un véritable enjeu politique dont l’importance s’accroîtra certainement dans les prochaines années. Quant au phénomène des associations régionales à proprement parler, il date du milieu des années80 et relève d’une série d’initiatives émanant de l’État. Ce n’est donc pas un hasard si les personnalités qui ont dirigé ce genre d’associations appartiennent généralement à l’élite au pouvoir.



Excepté le fait que ces associations insistent sur
leurs régions respectives comme champ privilégié de leur action, elles affichent des objectifs semblables à ceux des associations généralistes servant dans les domaines sociaux, culturels et économiques.

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