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Les marocains

Les zmagrias ne font toujours pas "recette"

Rachid, Copyright Yabiladi.com

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12.11.2006  Qui n’a pas entendu un chauffeur de taxi pester contre ces malfrats débarqués de nulle part à bord de grosses berlines ? Qui n’a pas entendu parler de la responsabilité des émigrés dans l’hécatombe routière ? Les antagonismes entre les marocains de l’intérieur et ceux du « monde » s’amplifient.
Les générations silencieuses d’émigrés, qui ont travaillé et vécu dans l’ombre ont laissé place aux nouvelles générations visibles. Ces générations turbulentes questionnent à la fois la société d’accueil et celle de leurs parents.

La société d’accueil voit en elles une menace pour son identité pendant que les marocains de l’intérieur stigmatisent le fossé culturel qui les séparent des ces « ovnis » qui disent partager le même amour du pays. Ils sont de plus en plus nombreux à troubler la quiétude de nos villes et villages pendant la saison estivale et cela ne se fait pas sans heurts. Nos forums sont régulièrement témoins d’affrontements « beurs/blédards ». Lors de la dernière enquête en ligne, nous avons demandé aux internautes de se prononcer sur l’image des marocains de « l’extérieur » dans leur pays d’origine. Certains nous ont fait remarquer que poser la question c’est déjà y répondre ! Analyse.

Plus de 8000 personnes ont répondu à notre question, 40% pensent que l’image des RME est mauvaise ou très mauvaise. Que reproche-t-on à ces marocains qui ont fait le choix de s’établir ailleurs ? Samar estime que cette mauvaise image est avant tout le fait des RME eux même « Nous les "RME", à cause de la fausse image que nous véhiculons au Maroc, J'estime que nous avons une grande part de responsabilité dans le désir ou plutôt la folie qu'ont certains jeunes à vouloir quitter leur pays natal par n'importe quel moyen ». Cette situation l’exaspère « pour la plus part d'entre nous, nous sommes hautains et nous manquons totalement de respect.

Les personnes pour qui la réussite est synonyme de voitures, beaux vêtements, étaler son argent (souvent obtenu par le biais d'un crédit)... ceux là, et bien, ils sont complètement à coté de la plaque ». Un autre internaute tente une explication à ces attitudes « démonstratives », Etre MRE est à mon sens aujourd'hui un statut à part, un état d'esprit et un mode de vie. Je distingue ici entre l'immigré qui a choisi et celui qui subi. Les immigrés qui ont choisi de s'installer à l'étranger pour des raisons essentiellement économiques, et ils sont les plus nombreux, ont un comportement une fois de retour guidé par leurs motifs : l'argent, la réussite et surtout le montrer ».

Il dissèque aussi le comportement des plus jeunes « Les MRE qui subissent l'immigration, essentiellement la deuxième et la troisième génération, considèrent le Maroc avant tout comme une grande destination de vacances, avec cependant une différence par rapport aux autres destinations, c'est que ce vague sentiment d'appartenance leur fait pousser des ailes et leur donne plus de « liberté », ils en usent et ils en abusent, ce qui agacent franchement les marocains, et fini par créer de l'incompréhension voire le rejet ».

29% considère que les RME véhiculent une image mitigée, l’attachement singulier de cette communauté à son pays d’origine et sa participation active à son développement d’un côté, jeunes lascars au volant de grosses berlines de l’autre, voilà à quoi semble se résumer les marocains de l’étranger. Enviés ou admirés par les uns détestés par les autres, les MRE entretiennent une relation complexe avec le Maroc, faite d’amour et de rejet. Karim résume ce paradoxe « Si je me pose devant 2M et que j'assiste à un débat sur le développement économique du pays, alors oui, très bonne image. On y voit des cadres, qui racontent leur (belle) histoire où ils contribuent à faire diminuer le taux de chômage.....

Mauvaise quand on assiste au défilé de BMW et autres Mercedes » mais relativise le prétendu fossé « nous ne sommes pas si différents. Les images véhiculées ne sont que le reflet de la minorité bruyante et non pas celle de la grande majorité silencieuse ». Mais pourquoi ne retient on que cette minorité ? Yassy quant à lui a une autre explication « La durée limitée de présence de toute cette foule de MRA (marocains d’ailleurs) sur le sol marocain, rend plus exagérée et amplifiée une "connerie" MRAèenne !! La connerie MRMiène "autochtone", elle, a toute l'année pour se diluer ! ».

Certains seraient tentés de répondre « chaque société a ses boucs émissaires ». Quoi qu’on en dise, il est incontestable que les antagonismes (MRE/MRM) s’expriment plus que par le passé. L’arrivée des nouvelles générations « formatées » dans les pays d’accueil crée une rupture par rapport aux premières générations qui possédaient les codes de la société marocaine. Pour Karim, il n y a rien d’alarmant « C'est juste une incompréhension entre communautés différentes qui vivent dans des mondes différents dont le seul dénominateur commun est l'amour pour ce pays qu'est le Maroc ».


Enfin, ils sont 29% à trouver que l’image de MRE est bonne (16%) voir très bonne (13%). La participation exceptionnelle de cette communauté dans l’économie marocaine place le Maroc au Quatrième rang mondial des destinations des transferts de devises. De ce fait, il existe un consensus sur cette question. L’attachement des nouvelles générations à la culture marocaine et son rayonnement au-delà des frontières sont aussi des facteurs d’amélioration de l’image de la communauté marocaine.

Kader demande qu’on change d’approche dès lors qu’il s’agit des nouvelles génération « la 2eme et la 3eme exigent d'être traitées pour ce qu'elles sont, à savoir le produit de deux cultures, ce qui explique inévitablement une incompréhension; puisque on leur demande souvent de choisir, ce qui est impossible, car ils n'ont rien demandé et mais plutôt subi. Quoi que pensent certains, la communauté marocaine véhicule une bonne image dans son ensemble ».


Malgré les louanges officielles, le fossé entre la communauté marocaine à l’étranger et ses compatriotes de l’intérieur se creuse. Un paradoxe à l’heure ou presque toutes les familles marocaines comptent un ou plusieurs membres à l’étranger. L’image du Maroc chez les émigrés n’a jamais été aussi bonne, l’envie de s’installer au pays des ses ancêtres n’a jamais été aussi forte. Le témoignage de Samir est significatif de l’état d’esprit d’une partie des nouvelles générations « Moi personnellement, même ayant grandi en France, je me sens 200% Marocain et fier de l'être, je parle couramment l'Arabe, je commence à écrire et lire l'Arabe littéraire (comme de plus en plus de mes compatriotes), je mange marocain, je connais l'histoire du Maroc, je me tiens au courant de tout ce qui s'y fait, mes parents regarde la TV marocaine via la parabole, je vais en vacances au Maroc, j'adore ma famille au Maroc, j adore le pays surtout Marrakech la ville de mes ancêtres, j aimerais même y monter une entreprise un jour et rendre service à mon vrai pays, j’aime la vie au Maroc, les gens sont trop charmants et d'une gentillesse incroyable ».

Cette relation paradoxale, faite d’amour et de rejet mutuels doit interpeler les décideurs marocains et la société civile pour créer des espaces d’échange et de communication.
Si aujourd’hui le lien culturel n’est pas rompu c’est grâce à la seule volonté des premières générations, qui ont tenu bon face à l’injonction assimilationniste des pays d’accueil et l’indifférence coupable de nos responsables politiques, plus prompts à compter les devises qu’à bâtir une vision globale de l’émigration qui remettrait le développement des liens entre le Maroc est ses émigrés au centre.

Rachid
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